Rouge Beauté œuvre pour le développement de micros-écoles d’arts appliqués à la production artisanale locale réalisée par les femmes à Madagascar. L’Association a choisi comme sites d’activité trois régions : la Haute Matsiatra, la Boeny et l’Analanjirofo pour y dispenser une formation artistique afin de développer la créativité. Son but est de mettre en valeur et de diversifier sensiblement la production artisanale locale afin d’en accroître la diffusion. Rouge Beauté vise l’autonomie financière de ces femmes qui pourront produire, dans la durabilité, un artisanat créatif et original au sein de structures légères.

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jeudi 8 juin 2017

Fibres naturelles : Amborovy, raphia et satrana, Ambatoroa penja et raphia

À Mahajanga, c'est la sècheresse, la saison des pluies n'a pas eu lieu, le matsabory, l'étang, à côté de ma maison est à sec depuis plus d'un mois alors que d'habitude c'est fin décembre qu'il est ainsi et encore, jamais complètement vide. Les puits ne vont pas tarder à être vides aussi. 
À Amborovy comme dans une bonne partie de la périphérie de Mahajanga nous ne bénéficions pas des services de la JI.RA.MA, distributeur d'eau qui a des forages plus profonds. Je ne sais pas ce qui va se passer, la population ne semble pas s'en inquiéter et quand il a été question au niveau des institutions administratives de raccorder les fokotany concernés à la JI.RA.MA, cette dernière a fait savoir qu'elle n'avait pas de tuyau, le problème est réglé !!!!!


Joëlle, la Présidente de Rouge Beauté France est venue nous rendre visite à Sainte Marie et à Mahajanga. Elle avait apporté plein de jeux éducatifs pour Akanin'Ankizy, la maison des enfants de Mahajanga qui fonctionne bien. Quatre enfants en grandes difficultés sont accueillis quatre soirs par semaine de 17h jusqu’au petit déjeuner, ils sont ravis, Niry et Nicoletta sont extras avec eux, jeux, gouter, repas, soutien pédagogique… Pour une des pensionnaires qui a déjà redoublé plusieurs fois, on est en train de faire les démarches pour l'inscrire dans une meilleure école et surtout une école où elle n'est pas stigmatisée, nous avons encore quelques mois devant nous, ici la rentrée est en octobre.


Le mercredi soir toute une bande d'enfants participent aux répétitions de danses, chant, théâtre en vue d’un spectacle en septembre.
Le vendredi après-midi, c'est le soutien scolaire pour tous ceux qui en en besoin, il y a 17 enfants inscrits en ce moment.
Voici quelques clichés qui montrent un peu la vie de la Maison des enfants. Les parrains du projets sans lesquels cette maison n'aurait pas vu le jour, ont déjà reçu ces images.



Sinon, la créativité des artisanes est au top, il n'y a qu'à regarder ces photos pour s'en convaincre. Le raphia et le satrana, palmier de la côte ouest, sont leurs matériaux de prédilection. Certaines brodent et teignent avec des plantes de la région le coton écru local qu'on appelle le soga pour faire des paréos ou des rideaux.


Question créativité, les femmes d'Ambatoroa à Sainte Marie ne sont pas en reste. Depuis quelques mois, elles suivent une formation intensive dans tous les domaines : tressage, tissage, nattage, couture, macramé, informatique, français, agriculture... La maison est maintenant finie, il nous reste les peintures à faire. Les meubles ne sont pas encore arrivés non plus mais c'est moi que ça gêne le plus car les femmes sont habituées à travailler sur les nattes en penja. On attend toujours les panneaux solaires mais le container a encore été retardé, cette fois-ci par la grève des douaniers. Dans deux semaines les artisanes devraient voir arriver le matériel et les installateurs. Quel changement ensuite !!!

Leurs créations sont sous le signe du naturel, en penja, jonc local, et en raphia. La nouvelle technique de tresses cousues sur tranche a produit des tapis, sets de tables, corbeilles, rideaux-portières qui côtoient les anciennes créations en penja natté ou avec la technique en étoile, ajouré, qui sert à faire les garaba, paniers, poubelles et cages à poule. Ce point au demeurant très joli est du fait de son utilisation habituelle complètement déprécié, peu de femmes aiment le pratiquer, il permet pourtant de réaliser de très beaux abat-jour qui se vendent toujours très bien. 


Pour ma part je m'apprête à revenir en France pour deux mois, juillet et août, comme chaque année. La petite soirée à l'occasion de mon retour aura lieu le jeudi 29 juin et l'Assemblée Générale le jeudi 31 août.

À suivre chaque semaine sur https://web.facebook.com/rougebeautemadagascar/

Rosemarie Martin





jeudi 13 avril 2017

Forona à Fianarantsoa, satrana et raphia à Mahajanga, penja à Sainte Marie


Je suis arrivée depuis peu à Fianarantsoa, j'ai déjà rencontré les artisanes Rouge Beauté de Mahasoabe et de Andoabevava, malgré leurs productions très intéressantes, la situation n'a pas changé pour elles, il n'y a toujours pas de lieu de vente digne de ce nom à leur disposition. Que faire ?
Lors de ce séjour, je prépare aussi l'arrivée des artisanes Rouge Beauté de Sainte-Marie qui viendront faire un échange de savoir-faire avec celles de Mahasoabe en mai. En effet, la matière première qu'elles utilisent les unes comme les autres est un jonc, le forona pour Mahasoabe et le penja pour Ambatoroa à Sainte Marie.




La route, entre Ambohimahasoa et Fianarantsoa qui était dans un triste état depuis quelques années est en réfection, une très bonne nouvelle ! Par contre le taxi-brousse nous a offert les ennuis habituels, la jante de la roue gauche arrière s'est cassée, hé oui, cassée la jante ! Il faut dire qu'elle avait déjà été ressoudée... Heureusement que nous étions en côte et dans une ligne droite !!!



Quand j'ai quitté Mahajanga, tout allait bien à Rouge Beauté, lorsque je suis en déplacement nous sommes en contact permanent par téléphone et par Internet, dans ce domaine, les femmes ont beaucoup progressé grâce aux cours d'informatique que donne Niry tous les mercredis après-midi.




Les producteurs de raphia de la région de Mitsinjo nous ayant mis dans l'embarras en ne livrant pas le tonnage prévu cette année, nous sommes en train de négocier notre commande de raphia en gros pour la prochaine saison à Mariarano, petite commune à 83 km au nord de Mahajanga. Les femmes de cette commune, nous ont demandé de faire partie du programme Rouge Beauté, je vais aller leur rendre visite en mai.

Fin mars, nous avons organisé deux concours de créativité à Rouge Beauté, le premier fut un concours de breloques, colliers, porte-clefs... Les trois premiers prix ont été attribués à Fatima, Viviane et Lydie. Pour le concours de bonbonnières, les huit participantes ont été classées ex-aequo, chacune a eu son cadeau.

En mon absence, Pépite, comme chaque année vient animer un stage de teinture naturelle. C'est Viviane l'artisane la plus motivée, elle déniche un tas de plantes que nous ne connaissons même pas pour la plupart et qui produisent de très belles couleurs.

La maison des enfants, Akanin'Ankizy,fonctionne bien, il y a tous les soirs de la semaine de 2 à 4 enfants qui viennent après la classe jusqu'au lendemain matin. Ce programme a été en mis en place pour les enfants des mamans seules qui ont un problème soit de santé, de travail le soir ou tout autre problème qui nécessite une prise en charge ponctuelle de leurs enfants.
Le soutien scolaire pour les autres enfants a lieu les mercredis soir, 6 à 8 enfants participent pour l'instant aux jeux éducatifs et dessins animés sans oublier le goûter...
Nous projetons d'organiser un spectacle de tous les enfants des artisanes, il se tiendra dans quelques mois, en attendant, les répétitions de danse, chant, théâtre auront lieu tous les vendredis après-midi encadrées par les mamans, il y a des spécialistes dans chaque domaine.

Nous avons fait un nouveau recensement des artisanes Rouge Beauté à Mahajanga, il y a en ce moment 48 femmes inscrites, le nombre de participantes a augmenté sensiblement. Nous rappelons que Rouge Beauté est un regroupement d'artisanes et non un atelier de production, les femmes gèrent elles-mêmes la boutique et le regroupement d'achat des matières premières.

La répartitions des âges se fait comme suit :
14,60% : entre 16 et 20 ans31,30% : entre 20 et 30 ans
33,40%: entre 30 et 40 ans
10,40% : entre 40 et 50 ans
8,3% : entre 50 et 60
2% : plus de 60 ans

Le pourcentage de femmes vivant seules avec leurs enfants est stationnaire, 34%.
Les salaires des maris ou compagnons ont sensiblement baissé : il n'y a plus que 18% des femmes qui ont un mari qui gagne au moins le SMIC contre 36% avant.

Le nombre total d'enfants est de 104 dont 71 de moins de 18 ans.




En passant devant la Maison des Jeunes de Mahajanga, j'ai été très surprise, à plusieurs reprises, d'y entendre des chants religieux, on m'a dit qu'une secte religieuse s'y serait installée... C'est assez incroyable !!! Comment cette secte a-t-elle pu s'installer dans la Maison des Jeunes de Mahajanga ? Je m'étonne toujours et c'est bon signe, je ne suis toujours pas blasée...

N'hésitez pas à aller voir notre page FaceBook, nous y mettons des images toutes les semaines dans la mesure du possible :


À suivre...

Rosemarie Martin

dimanche 26 février 2017

Ambatoroa, Sainte Marie, penja et raphia







À Sainte-Marie, la maison est quasiment achevée, il ne reste plus que la peinture et l'aménagement à faire : les tables, les chaises et tabourets, les meubles de rangement ne sont pas encore terminés. 
Nous avons eu quand même un très gros problème de fuite dans le toit, deux jours après mon arrivée, il y a eu un gros orage, j'étais complètement atterrée, il pleuvait autant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la maison, je me suis dit que nous avions très mal choisi l'entrepreneur... J'étais recroquevillée dans le seul coin sec quand les femmes sont arrivées et là, elles m'ont expliqué que c'était normal, qu'il n'avait presque pas plu depuis que le ravenala avait été posé sur le toit, qu'il était donc très sec et qu'il fallait justement lors des première pluies monter sur le toit pour le tasser et faire adhérer les feuilles ensemble en le piétinant. C'est donc ce qui a été fait, le résultat fut très probant.

À chacun de mes séjours, depuis que la route est finie, je loue un scooter et fais monter mes bagages en taxi-brousse, j'avais acheté quelques casseroles, je les ai retrouvées toutes cabossées, le taxi-brousse a eu un accident, pas grave, heureusement, personne n'a été sérieusement blessé, c'était le deuxième accident en quinze jours.
Des gens superstitieux penseraient qu'il y a une malédiction sur les taxis-brousse d'Ambatoroa. Il y en avait trois il y a moins d'un mois, celui-là est donc dézingué, le deuxième a été brulé il y a peu par le chauffeur jaloux du troisième taxi-brousse qui lui est maintenant en prison. Pas facile de prendre les transports en commun !!! Bon heureusement qu'à Madagascar tout s'arrange d'une façon ou d'une autre, plutôt d'une autre...

Sinon les délestages électriques s'intensifient ce qui causes de grosses difficultés pour la vie économique du pays et engendre des problèmes d'insécurité car lorsque les coupures ont lieu la nuit les voleurs en profitent, voilà au moins une activité lucrative en pleine expansion.

Paradoxalement, l'Ariary est remonté par rapport au dollar et à l'euro, certains disent que c'est une bonne nouvelle, qu'enfin l'Ariary se stabilise, d'autres disent qu'au contraire, c'est parce que le pays va très mal, qu'il n'y a plus assez d'échanges économiques internationaux et que l'Ariary est en roue libre. Je ne sais qu'en penser...

Heureusement qu'à Rouge Beauté, nous sommes toujours dans une bonne phase. Je viens de passer une quinzaine de jours à Sainte Marie, les femmes apprécient beaucoup le nouveau bâtiment, bien plus pratique, plus grand, avec des sanitaires. Les diverses formations techniques et théoriques continuent toujours. Elles attendent aussi avec impatience leur voyage à Fianarantsoa courant avril pour y apprendre des techniques de nattage et de teinture qu'elles ne connaissent pas.

En attendant, elles continuent sur leur lancée avec les nouveaux objets crées en décembre. De nouvelles productions ont vu le jour depuis, corbeilles en Penja, variété de jonc local, rideaux-portières en raphia et bambou, ou en coquillages..., abat-jour en kira, cœur de raphia.
À la fin de mon séjour, nous avons aménagé la nouvelle boutique. Suite à la session de décembre pendant laquelle nous avions déterminé les capacités et les excellences de chacune, il a été décidé cette fois-ci que chaque femme serait responsable d'une certaine production minimum correspondant à ce qu'elle sait faire de mieux et qu'elle maintiendra la qualité et le nombre de ces produits à la boutique. Cela ne l'empêchera pas de créer d'autres objets si elle le souhaite, au contraire.
Nous verrons fin avril si cette nouvelle organisation marche bien, cela permettrait de responsabiliser tout le monde et de mieux répartir la production.

Demain, je rentre à Mahajanga, où une nouvelle commande de tapis nous attend.

À suivre sur cette page ou sur FaceBook


Rosemarie Martin