Rouge Beauté œuvre pour le développement de micros-écoles d’arts appliqués à la production artisanale locale réalisée par les femmes à Madagascar. L’Association a choisi comme sites d’activité trois régions : la Haute Matsiatra, la Boeny et l’Analanjirofo pour y dispenser une formation artistique afin de développer la créativité. Son but est de mettre en valeur et de diversifier sensiblement la production artisanale locale afin d’en accroître la diffusion. Rouge Beauté vise l’autonomie financière de ces femmes qui peuvent maintenant produire, dans la durabilité, un artisanat créatif et original au sein de structures légères.

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lundi 23 mai 2022

Les artisanes de Mahajanga, de Sainte Marie et de Fianarantsoa échangent leurs savoirs


L'association compte maintenant tout juste 150 artisanes. 

La saison des cyclone est maintenant bien derrière nous, cette année, les artisanes de Sainte-Marie et de Fianarantsoa ont subi quelques dégâts.




FIANARANTSOA

Au mois de mars, les 10 artisanes de Fianarantsoa ont suivi une formation photographie avec Aina, professeur d'art plastique.

En avril, nous avons organisé un Échange des Savoirs, les femmes de Fianarantsoa ont reçu leurs collègues de Sainte-Marie et de Mahajanga, c'était la première fois que des représentantes des 3 sites se retrouvaient ensemble, la rencontre fut beaucoup plus dynamique, nous allons réitérer cette formule.

Cette session d'échange des savoirs était accompagnée de formations design et photographie.


Les artisanes ont échangé leurs techniques de tressage et de nattage pour créer de nouveaux motifs pour les sets de table et les tapis, et de nouveaux objets tels que des rideaux et des abat-jour. Un concours de créativité a été organisé en fin de session, les créations et leurs auteures ont été généreusement photographiées par les photographes en herbe. 
Ces rencontres sont aussi l'occasion voir d'autres contrées, d'autres cultures et d'échanger les pratiques respectives d'organisation et de gestion, les artisanes de Fianarantsoa ont ainsi découvert qu'elles aussi pouvaient créer une Caisse de Solidarité Maladie.


SAINTE-MARIE

En février, la tempête tropicale Dumako a fait beaucoup de dégâts à Ambatoroa, de nombreuses cuisines ont été détruites, à Rouge Beauté, seuls les sanitaires ont été touchés, nous nous félicitons d'avoir fait construire il y a quelques années l'ouvrage de soutènement qui nous protège de la mer.


Les 38 artisanes vivotent, peu de touristes visitent Sainte-Marie bien que l'espace aérien soit de nouveau ouvert, les compagnies étrangères ont du mal à redémarrer, elles n'ont toujours pas les autorisations pour reprendre les vols à destination des provinces au même rythme qu'avant la crise du Covid. 
Les artisanes d'Ambatoroa ne parviennent pas, comme leurs consoeurs de Mahajanga, à bien faire fonctionner un système de livraison dans tout Madagascar, elles sont beaucoup moins rigoureuses à différents niveaux, régularité de la production, respect des délais, bon emballage... Elles se débrouillent néanmoins. Il faut dire que la plupart d'entre elles pratique une autre activité, chaque famille cultive son petit lopin de terre. 


MAHAJANGA

L'équipe compte maintenant 102 artisanes. L'activité est bien organisée et progresse.

Tous les deux mois, a lieu un concours de créativité, le dernier s'est déroulé début mai, il portait sur la recherche de nouveaux produits, la plupart des artisanes font des tapis, il faut diversifier. Les deux objets lauréats sont un fauteuil en tresse de raphia et un pouf en raphia crocheté.

Le samedi 7 mai, nous avons reçu la visite de Madame la Ministre de l'Artisanat et des Métiers, une grande fierté pour toutes les artisanes !


Le projet En Avant les Filles, n'a pas encore vraiment démarré car la première postulante n'a pas pu rester à l'internat en raison de sa religion, plutôt sectaire. Ni elle, ni ses parents n'ont pu supporter la promiscuité d'une ambiance spirituelle autre que la leur bien que l'établissement, qui accueille des élèves de toutes les religions, n'impose aucune pratique. 
Étant donné la durée des temps de trajet et le travail domestique qui attend nécessairement les jeunes filles le soir à la maison, la demi-pension n'est pas envisageable.
Pour nous, le problème est assez cornélien, il aurait été plus logique de proposer une école publique mais dans un pays où l'état des infrastructures économiques et sociales se dégradent, le niveau des établissements scolaires publiques est très bas. Le lycée le plus sérieux à Mahajanga est donc un établissement privé. 
C'est vraiment dommage pour cette jeune fille mais En Avant les Filles heureusement ne s'arrête pas là, c'est normal que tout n'aille pas toujours pour le mieux. Forts de cette expérience, nous continuons, d'autres jeunes filles postulent, deux d'entre elles vont rentrer en troisième dans un bon établissement en tant que pensionnaires en septembre et nous espérons bien que ce projet se développe au fil du temps.

À Akanin'Ankizy, la Maison des Enfants, tout va bien, sa situation au coeur du village de Belinta est bien plus conviviale qu'avant, il y a toujours de petits voisins en visite pour jouer. 
Les cinq enfants de la Maison sont parmi les trois premiers de leur classe respective. Antonio, en très grande difficulté scolaire pendant des années, a retrouvé un équilibre affectif qui lui permet de progresser. Akanin'Ankizy est une vraie petite famille.
Pour ma part, je suis contente de vous retrouver prochainement, je rentre en France pour 2 mois, le 1er juillet. 








À suivre


Rosemarie Martin

mercredi 26 janvier 2022

Une nouvelle année à Rouge Beauté !

Toute l'équipe Rouge Beauté,  les 143 artisanes qui travaillent avec nous et les membres du bureau vous souhaitent une très bonne année 2022 !!! 

Pleine d'inventivité et de couleurs !!!


Rappel des missions : Rouge Beauté soutient à Madagascar 4 associations de femmes artisanes à Mahajanga, à Ambatoroa, Sainte Marie et en Haute Matsiatra. L'objectif de l'Association est l'autonomie financière, intellectuelle et physique de ces femmes par le développement de la créativité, les formations techniques et théoriques et une bonne intégration dans le marché local.
Le développement de la créativité apporte de la diversité et de la valeur à la production pour en accroître la diffusion. L'Association accompagne les femmes, les aide à s'organiser, à bien gérer leur activité afin qu'elle devienne rentable.
La formation, moteur du développement individuel et professionnel, est la clé de voûte pour la réussite du projet. Des formations design sont organisées régulièrement mais aussi l'apprentissage de techniques artisanales, l'alphabétisation, le calcul, le français, la gestion, l'informatique, la photographie... et des échanges des savoirs entre les différents sites de l'association.
Rouge Beauté aide à l'acquisition des équipements indispensables et inaccessibles pour les femmes du pays.


Depuis novembre, la troisième vague de Covid est arrivée à Madagascar certains y voient une corrélation avec l'ouverture des frontières depuis le 6 novembre, mais il me semble bien que l'épidémie était déjà arrivée par Morondava juste avant. Nous ne savons pas quel variant sévit sur la Grande Île. Omicron et Delta sont tout autour de nous, à La Réunion et en Afrique du Sud notamment. Pour l'instant, la population est très faiblement vaccinée, très peu de tests sont effectués, nous naviguons donc à vue, les cas sont relativement nombreux, les chiffres ne sont pas fiables. Les écoles fermées à la rentrée de janvier ont réouvert leurs portes le lundi 17.

À Rouge Beauté, nous avons décidé de ne pas baisser les bras et de continuer notre action de formation et d'accompagnement pour l'organisation et la gestion des sites, même si certaines activités doivent être déplacées ou reportées.


À MAHAJANGA,

L'activité est bien repartie, les artisanes de l'Association Mena Tsara, que Rouge Beauté soutient, arrivent à survivre sans l'aide solidaire et providentielle que nous avions obtenue lors de l'exercice précédant.

Les artisanes ont continué leurs activités, boostées par toutes les formations qu'elles ont suivies au premier semestre 2021. Elles présentent maintenant leurs produits via les réseaux sociaux et les distribuent dans tout Madagascar. Sur les 94 artisanes de Mena Tsara, 70 ont la Carte d'Artisane de la Chambre du Commerce, les autres sont encore débutantes. La gestion est sérieuse, les comptes sont bien tenus, les impôts sont déclarés et payés chaque année, c'est très important de contribuer à la vie civique du pays.

Nous avons fait un coin jeux pour les enfants à l'atelier.

La caisse de solidarité maladie fonctionne bien. Au début, nous avons eu beaucoup de problèmes avec de mauvais médecins peu fiables, voire dangereux, les artisanes ont donc passé un contrat avec un dispensaire très sérieux, chaque femme possède son carnet de suivi médical avec sa photographie et celles de ses enfants, en cas de maladie, elle se rend au dispensaire où ils sont soignés gratuitement. En fin de mois, la responsable de la Caisse de Solidarité va régler la note. Il nous reste à trouver un bon dentiste...

À Akanin'Ankizy, la Maison des enfants, le mois de septembre a été riche en rebondissements, nous avons dû quitter précipitamment la maison que nous occupions car elle avait été vendue sans que nous le sachions. Hé oui, c'est possible ! Heureusement, une des animatrices a rapidement trouvé une nouvelle maison dans le village de Belinta à 1,5km de Rouge Beauté.
Deux de nos petites pensionnaires, Fity et Elodie sont parties vivre avec leur maman qui s'est remariée. Le même mois, nous avons accueilli deux petites filles Diary 4 ans et Mitanto 10 ans. Miranto vient de perdre son papa. Diary, orpheline, était élevée par sa grande soeur Marcheline, la mère de Miranto qui vient de perdre son mari.
À l'occasion des fêtes de fin d'année, avec quelques amies, nous avons organisé un goûté festif, j'avais pu acheter des jouets avec les dons des adhérents : jeux de construction, corde à sauter, ballon, billes, lots de figurines, animaux et personnages, livres...
Les enfants avaient sorti leurs carnets scolaires pour l'occasion et nous avons eu la bonne surprise de ne voir que de bonnes notes, même Antonio qui avait de grande difficultés par le passé, a des notes bien au-dessus de la moyenne, son frère Cédric se passionne pour les échecs sur ordinateur. Estelle, toujours discrète, s'est emparée de la corde à sauter pour nous faire une belle démonstration.

Le soutien scolaire a bien porté ses fruits, nous allons continuer et reprendre les activité périscolaires pour tous les enfants des artisanes Rouge Beauté, danse, chant, théâtre, sport, informatique...

Le projet En avant les filles a concrètement débuté en novembre, Émelie 13 ans est entrée en cours d'année dans le meilleur lycée de Mahajanga en tant qu'interne. Elle est classe de 3ème.



À SAINTE-MARIE

En Août, je suis allée deux semaines à Ambatoroa pour animer une formation design, nécessaire à l'évolution de la production en fonction du marché.
Ce séjour a permis de faire le point sur les difficultés rencontrés par les artisanes, les orientations design à prendre, les mauvaises pratiques administratives à rectifier, définir clairement les prix, photos à l'appui, revoir la procédure pour répondre à une commande...

Le reste du temps, grâce aux téléphones Androïd performants, les échanges d'informations sont fréquents. Depuis le mois d'août, nous avons mis en place une réunion de travail bi-mensuelle via Messenger, on y pratique diverses activités : présentation en photos des nouvelles créations par les artisanes, commentaires, discussions sur le design et la finition des produits, discussion marketing, transmission et suivi des commandes, informations diverses...

Heureusement que nous avons cette possibilité de travail à distance. Néanmoins, depuis le début de l'épidémie, les artisanes de Sainte-Marie ont du mal à remonter la pente, elles n'ont pas bénéficié cette année, contrairement à leurs collègues de Majunga, d'un grand plan de formation qui aurait pu les stimuler et les faire progresser dans leur pratique ...

Caisse de Solidarité Maladie 
Sur le modèle de Majunga, les artisanes d'Ambatoroa ont constitué leur propre Caisse de Solidarité Maladie. Au mois d'août, elles ont augmenté tous les prix de 5%, ce pourcentage géré par une artisane sert à payer les frais médicaux des femmes de l'Association et de leurs enfants.


À FIANARANTSOA :

Avant l'épidémie de Covid, j'animais deux sessions de formation par an à Fianarantsoa, cette année, il n'y en a pas eu. Un Échange de Savoirs était prévu en décembre avec la participation de trois femmes de Mahajanga et trois de Sainte Marie mais il a dû être reporté en avril 2022 en raison de l'arrivée de la troisième vague de l'épidémie de Covid. Nous avons donc travaillé toute l'année via les réseaux sociaux mais ce n'est pas suffisant.

Comme à Sainte Marie, les artisanes de Haute Matsiatra ont du mal à remonter la pente. Elles sont réparties en trois associations sur deux villages de brousse. Pour galvaniser les différents groupes, et s'assurer d'une bonne qualité de réseau Internet, nous envisageons, dès que la situation sanitaire le permettra, de les faire se réunir une à deux fois par  mois dans un même lieu avec une encadrante, une sorte de coach, de coordinatrice, très à l'aise avec les techniques de communication internet pour encadrer nos réunions sur Messenger.
Une formation photographie va commencer bientôt, nous avons trouvé une bonne formatrice, professeur d'arts plastiques.


Dans tout le pays, la saison des pluies s'est enfin décidée à démarrer, il pleut, il pleut, il pleut !!! Nous l'attendions avec impatience cette pluie, mais voilà qu'il y en a trop. Antananarivo est en détresse. Les problèmes sont multiples et récurrents : les constructions tous azimuts qui rongent les rizières, les canaux d'évacuations non entretenus, les remblayages illicites qui sont devenus licites... 
Le problème est récurrent, d'après un rapport de l'AFD, il y aurait 700000 personnes en zones inondables dans des conditions alarmantes.
À Majunga, l'inondation de moindre importance a quand même fait beaucoup de dégâts dans les bas quartiers de la ville.


Pour ma part, je vais bien, j'espère vraiment pouvoir me rendre en France en juillet-août 2022.


Rosemarie Martin






mercredi 9 juin 2021

Raphia, penja, satrana, forona, sisal... fibres naturelles travaillées par les artisanes Rouge Beauté de Mahajanga, Sainte Marie et Fianarantsoa

Depuis la mi-février le variant Sud Africain du Coronavirus sévit à Madagascar, il est arrivé par la côte Nord-Ouest mais maintenant c'est la région d'Antananarivo qui reste la plus touchée. Cette seconde vague a causé beaucoup plus de dégâts que la première. Ce variant est plus contagieux et plus dangereux que le premier. 

Parmi mes amis, plus de la moitié ont eu le Coronavirus dont un cas très grave. À Rouge Beauté Mahajanga, de nombreuses artisanes ont été malades ainsi que des membres de leurs familles avec tous les symptômes de la maladie mais c'est tabou, aucune ne s'est fait dépister, une maman est décédée.

Les chiffres officiels n'ont pas beaucoup de sens si l'on considère le nombre de tests effectués.

Le journal Midi Madagascar dans son édition du 09 avril 2021 rapporte : « Le tableau des cumuls indique un total de 26.475 cas confirmés ; 23.096 guérisons et 149.929 tests réalisés depuis le début de l’épidémie de Covid-19 à Madagascar. »

Le journal Ouest France du 14/01/21 fait état des chiffres communiqués par Le Service Statistique des Ministères Sociaux : « Entre le 1er mars 2020 et le 10 janvier 2021, « on estime qu’environ 40,5 millions de tests RT-PCR et antigéniques ont été réalisés en France » avec « environ 36,4 millions de tests RT-PCR et 4,1 millions de tests antigéniques », a détaillé ce service. » 

Evidemment Madagascar et la France n’ont pas les mêmes moyens et la même infrastructure sanitaire. Ce rappel basique vise seulement à mettre en évidence le gouffre qui existe entre le nombre de tests réalisés depuis le début de la pandémie dans les deux pays plus de 40 000 000 à la mi-janvier 2021 en France contre moins de 150 000 début avril de la même année à Madagascar. Avec si peu de tests, on peut difficilement se fier au nombre de malades annoncé.

Suite à la recrudescence des cas de contamination au coronavirus durant cette deuxième vague le Gouvernement de Madagascar s'est résolu à rejoindre le dispositif Covax depuis fin mars sans pour autant abandonner le Covid Organics, remède local à base de plantes. Début mai, 250000 doses sont arrivées à Madagascar, pour le moment elles sont destinées aux soignants, aux forces de l’ordre et aux personnes âgées. De nouvelles doses sont attendues en septembre. 

Quant au gouvernement français, il a envoyé 6000 doses du vaccin Janssen du laboratoire Johnson & Johnson pour ses ressortissants. Nous sommes 24000 Français à Madagascar, le vaccin est réservé aux plus de 55 ans. J'ai eu un rendez-vous le 1er juin, le problème, c’est que la vaccination a lieu à Tana, j'ai dû louer une voiture et demander une autorisation spéciale pour faire le déplacement car nous étions encore confinés en région et il n’y avait pas de transport en commun, ni bus, ni avion. La situation a changé depuis le 4 juin, la circulation est rétablie, les taxis-brousse peuvent circuler et il y a un avion par semaine entre Antananarivo et Mahajanga, ça me fait un peu peur car il y a encore de nombreux cas dans la capitale même si l'épidémie semble se stabiliser.

À Majunga, nous sommes sur la pente descendante de cette seconde vague depuis trois   semaines, les formations se passent en extérieur mais les masques ont une fâcheuse tendance à glisser…



Revenus des artisanes

Bien évidemment, comme partout, cette épidémie a un fort impact sur les revenus des artisanes, à Sainte Marie et à Fianarantsoa, les femmes sont en grand désarroi, il reste encore un peu d'argent de la cagnotte « Don Covid » que nous avions constituée grâce à la générosité des  adhérents et des organismes qui soutiennent régulièrement nos projets. 

Le tourisme n'est pas près de repartir puisque tous les vols commerciaux venant de l'extérieur sont suspendus jusqu'à nouvel ordre. Heureusement, à Mahajanga, les artisanes arrivent à survivre grâce aux commandes via les réseaux sociaux et au   la livraison à domicile dans tout le pays par un réseau de transporteurs.




La Caisse solidarité maladie fonctionne bien et heureusement, car elle est plus que nécessaire en ce moment.


Depuis janvier, nous avons lancé un grand plan de formation, d'abord les formations techniques :

- Le nattage en point garaba du satrana, palmier local, 

- Le nattage ajouré du raphia

- La teinture du raphia et du satrana

 - Le tissage du raphia

Ces apprentissages se sont déroulés à l'extérieur sauf le tissage étant donné la difficulté à  déplacer les métiers à tisser.

Ces formations sont basées sur le volontariat mais nous avons exigé que chacune des stagiaires, une fois inscrite, s'engage à suivre le cycle jusqu'au bout. De leur côté, les formatrices avaient une obligation de résultat. Pour chacune des techniques apprises, un contrôle des acquis est prévu lors d'un grand concours qui se  déroulera fin juin, les critères de jugement seront : la maitrise du savoir-faire, la finition et la créativité qui doit être au rendez-vous si la technique est bien assimilée.


La Formation Gestion a débuté début mai, elles est destinée prioritairement aux 4 artisanes responsables : de la boutique, de la coopérative d'achat, des commandes et livraisons et de la Caisse de Solidarité Maladie. Le volume d'activité de l'Association s'étant vraiment développé depuis quelques années, nous visons maintenant une gestion et une comptabilité bien spécifique pour chacun de ces 4 postes avec des livres-comptables distincts. Il y a aussi des pratiques à changer. La formation gestion se terminera début juillet.

Comme d'habitude, j'anime la Formation Design toutes les semaines, l'après-midi du lundi, jour où les artisanes apportent leurs nouvelles réalisations.

Toute l'action de Rouge Beauté repose sur le développement de la créativité. C'est l'objectif premier de l'Association, mettre en valeur et diversifier sensiblement la production artisanale locale afin d'en accroître la diffusion. Il suffit de suivre la progression du travail sur ce blog et sur la page FaceBook : https://web.facebook.com/rougebeautemadagascar/ pour constater que la créativité évolue sans cesse.


Alphabétisation et calcul : ces cours se font en tout petits comités, ils ont débuté début février et devraient se poursuivre jusqu'à la fin du mois de juin.

Suite à la demande d'un groupe d'artisanes, nous avons inclus des cours de Français débutant qui se sont terminées fin avril. 

Les formations « Informatiques et accès à Internet », et « Initiation à la photographie » se poursuivrons jusqu'à fin juillet.



À la maison des enfants, nous poursuivons le soutien scolaire et la formation à la pédagogie ludique pour les deux animatrices.

Avec le Covid, les activités sont réduites, pas de voyages en vu mais nous pensons relancer les activités danses, chants, théâtre, sport du mercredi, nous pourrons les mener en extérieur.

Yvonne et les enfants continuent à jardiner, en ce moment ce sont les poivrons qui sont récoltés.

Un nouveau projet en gestation : En avant les filles !!!

L'Association Rouge Beauté créée en octobre 2008 est vouée depuis le début à la cause des femmes. Depuis 2009, elle accompagne des artisanes malgaches, avec l'objectif que ces femmes acquièrent leur autonomie financière, intellectuelle et corporelle.

Les artisanes de Rouge Beauté ont su aussi gérer rapidement l'urgence quand il s'est avéré que des enfants étaient maltraités au sein même du groupe en raison de drames familiaux, en créant Akanin'Ankizy, la Maison des enfants en 2015.

L'Association atteint maintenant un nouveau   palier dans sa réflexion, tout en poursuivant et en développant son action auprès des artisanes. 

Nous avons constaté qu'au sein de la communauté Rouge Beauté, l'égalité des chances entre les filles et les garçons est loin d'être effective. Les filles doivent  abandonner l’école plus souvent que les garçons, à cause du fardeau des tâches ménagères, de l'inquiétude des parents vis-à-vis de l’éducation des filles quant à leur sécurité et à l’absence d’un environnement tenant compte des différences entre sexes.

En cas de difficultés financières, si les parents doivent malheureusement faire un choix, c'est toujours les filles qu'on sacrifie avant leurs frères.

Comme dans de nombreuses sociétés, même si la loi est la même pour tous, il existe à Madagascar des préjugés socioculturels qui tendent à minimiser l’importance de l’éducation des filles. Conformément au poids de la tradition où les filles sont considérées comme ayant un statut inférieur à celui des garçons, elles sont confinées dans leur rôle de futures épouses et de futures mères, ce qui entraîne des grossesses et des mariages précoces. 

L’école apparaît dans ces conditions comme un obstacle en ce qu’elle peut altérer les valeurs de l’éducation traditionnelle, en particulier la soumission attendue de la fille à ses parents et à son futur époux. La peur de l’introduction d’un changement de mentalité des filles amène les parents à écourter la scolarisation de leurs filles.

Bourses d'études

Sans formation réelle, les perspectives d'emploi sont très limitées pour les filles : employées de maison, vendeuses, masseuses, avec la probabilité importante de succomber à la prostitution occasionnelle ou à plein temps, par le mariage non choisi ou le concubinage contraint.

Parmi les enfants des artisanes de Rouge Beauté, des fillettes sont menacées d'abandonner leur scolarité très brillante ou de la poursuivre dans un établissement moins cher mais peu performant. 

Nous avons décidé de créer une bourse d'aide à la scolarité pour les jeunes filles qui ont le désir et la capacité de poursuivre leurs études au collège, au lycée et pourquoi pas d'envisager des études supérieures.

La difficulté de ce projet réside dans le fait qu'il est à long terme et coûteux. Il est nécessaire de suivre ces jeunes filles au moins 4 ou 5 ans, de la 4ème ou 3ème à la terminale, et même envisager qu'elles puissent poursuivre des études supérieures.

Pour l'instant, 3 filles sont directement sont concernées par le projet, elles répondent aux critères de motivation et de capacité scolaire. Leurs parents acceptent cette idée. La détermination des parents est primordiale car pour eux, une fille qui poursuit ses études, c'est d'abord un manque d'aide à la maison mais aussi un manque à gagner quand elle sera en âge de rentrer dans la vie active.

Cette année, elles sont en sixième et en cinquième. Il serait souhaitable qu'elles changent d'établissement en 4ème ou 3ème, pour un collège de niveau scolaire supérieur à celui où elles sont élèves actuellement. Ce changement d'établissement permettra une mise à niveau de leurs connaissances et aptitudes avant d'aborder la classe de seconde qui, on le sait, exigera une adaptation à un nouveau rythme d'acquisition dans le travail scolaire. 

Pour améliorer leur aptitudes, depuis janvier, Rouge Beauté a prêté à chacune un ordinateur et offert des cours d'initiation à l'informatique qui ont lieu tous les mercredis après-midi. Nous envisageons aussi de leur proposer des cours de français, car l'enseignement secondaire et supérieur se fait  en français à Madagascar.

Le village où elles habitent est situé à 15 km de la ville, nous souhaitons leur offrir les meilleures chances pour réussir, en leur proposant soit le pensionnat, soit un transport plus adapté que le bus collectif surchargé et très lent. Pour le budget, ces deux possibilités sont équivalentes car l'essence est très chère  à Madagascar.

Voilà, comme d'habitude, nous cherchons des fonds, nous sommes ouverts à toute idée ou proposition qui permettrait de voir aboutir ce projet.

Le club des battantes

Pour accompagner ce plan, nous souhaitons stimuler une stratégie d’entraide en créant un Club des filles afin que les plus âgées aident leurs « petites sœurs » à continuer leur scolarité en les conseillant, en les aidant à faire leurs devoirs et en encadrant des animations hors scolaire, théâtre, danse, chant, sport, randonnées... club de lecture, discussions... 

Il ne s'agit donc pas simplement d'aider financièrement par une bourse d'étude quelques jeunes filles, mais de leur faire prendre conscience qu'elles font partie d'un groupe qui doit s'entraider,  qu'elles peuvent s'impliquer dans une action solidaire avec leurs soeurs. 

Le problème qui n'est pas spécifique à Madagascar, est que les filles ont plus de difficultés avec la notion de collégialité puisqu'elles restent la plupart du temps à la maison, séparées de leurs semblables alors que leurs frères se forgent naturellement une culture du groupe dans le village. 

Je ne sais pas encore si je vais pouvoir venir en France cet été, j'ai pris un billet sur un vol commercial pour début juillet, retour fin aout, pour l'instant, ces vols sont suspendus...


À suivre...