


De
toute façon, en ce moment les prix flambent car nous sommes en
période de récolte de la girofle, source de revenu très
intéressante pour les Saint-Mariens qui possèdent des plantations.
Toute l'Île embaume, les clous de girofle étalés sur des nattes
sèchent au soleil. Juste cueillis, ils sont tout gorgés d'eau,
verts et rouges.

Il
faut croire que la folie de la girofle avait déteint sur les
artisanes d'Ambatorao car les prix étaient plus que fantaisistes à
la boutique et la vieille coutume du marchandage était réapparue.
Nous avons tout repris à zéro avec des barèmes très simples et
très clairs. Nous mettons un point d'honneur à ce que les prix soit
fixes et justes, non à la tête du client, c'est l'objet qui a une
valeur, le savoir-faire des artisanes.
Leur travail a bien évolué aussi bien en qualité qu'en quantité, il suffit de regarder les photos sur ce blog ou sur notre page Facebook, même si vous n'êtes pas inscrits en cliquant sur le lien, vous pouvez voir les images https://web.facebook.com/rougebeautemadagascar/

Les abat-jour en penja ajouré, longs ou ronds, sont aussi très prisés.
Nous avons eu beaucoup de visites de touristes de La Réunion en cette période de vacances scolaires. Certains d'entre-eux connaissaient déjà Rouge Beauté par Facebook, d'autres étaient déjà passés à Majunga, cette reconnaissance fait chaud au cœur, tout ce travail depuis huit ans porte ses fruits.





À propos de riz, j'ai été bien surprise de voir en vente à
Ambatorao, des chapelets de petits sachets de riz soufflé coloré,
j'espère que la teinture est bien alimentaire, le sachet vaut 100
Ar, ce n'est pas cher mais il est fort à parier que les fabricants
se font une bonne marge.
Je
repars à Mahajanga cette semaine, j'ai suivi à distance les
commandes en cours, c'est vraiment une grande avancée que les femmes
sachent maintenant, pour une bonne partie d'entre-elles, naviguer sur
Internet, ceci grâce aux formations qu'elles ont suivies.
Avant
de partir, j'avais fait deux séances d'information sur la peste qui
sévit depuis août, elle a déjà fait 124 morts à ce jour. Il
circule bien de rumeurs à ce sujet, certains pensent que c'est une
invention du gouvernement pour interdire les rassemblements, d'autre
qu'on peut la soigner avec de l'ail et du miel, d'autres encore qu'il
faut prendre des antibiotiques avant pour être immunisés... Ce
n'est pas la peste bubonique qui effraie le plus car on peux éviter
de se retrouver dans des villages ou quartiers infestés par les
rats, de plus la période d'incubation donne le temps de voir arriver
la maladie et de se soigner. Par contre la peste pulmonaire se
transmet par la toux et arrive à son pic maximum en 48h, elle se
répand donc rapidement. Les lieux de promiscuité, marchés,
transports en communs, rues encombrées, sont nombreux. Les coutumes
ancestrales priment sur la peur, certains malades se sachant perdus
quittent l'hôpital pour pouvoir être enterrés dans la tradition.
« Pour
limiter ce danger, les victimes de la peste ne peuvent être
enterrées dans un tombeau susceptible d’être rouvert. Leur corps
doit même être scellé dans une sépulture anonyme. En
principe. Car ces dernières semaines, la presse malgache a rapporté
plusieurs cas d’exhumations clandestines. Mais malgré les risques
soulignés par les autorités sanitaires, personne à Madagascar
n’ose clairement remettre en cause le culte des morts. Ceux qui le
pratiquent, en tout cas, n’envisagent pas un seul instant d’y
renoncer. «Je ne veux pas considérer les morts comme des oubliés
sous terre. Ils nous ont donné la vie», argumente une adepte des
«famadihana», Hélène Raveloharisoa. «Je pratiquerai toujours le
retournement des ossements de mes ancêtres, peste ou pas»,
clame-t-elle, «la peste n’est qu’un mensonge». Pratiquante très
traditionaliste, Joséphine Ralisiarisoa va même plus loin. «Le
régime en place est à court d’argent pour la prochaine
présidentielle [en 2018], alors il invente des choses pour avoir de
l’argent des bailleurs de fonds», assène-t-elle. Journal
Le
Soleil,
dimanche 29 octobre 2017
Espérons
que tout cela se termine assez vite, certaines compagnies comme Air
Seychelles ont cessé leurs vols avec Madagascar. Pour l'instant,
l'Île de Sainte Marie ne présente pas de cas de peste, il y en a
très peu à Mahajanga ce qui n'empêche pas les touristes d'avoir
peur.
À Rouge Beauté, nous sommes prudentes et gardons confiance.
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