Rouge Beauté œuvre pour le développement de micros-écoles d’arts appliqués à la production artisanale locale réalisée par les femmes à Madagascar. L’Association a choisi comme sites d’activité trois régions : la Haute Matsiatra, la Boeny et l’Analanjirofo pour y dispenser une formation artistique afin de développer la créativité. Son but est de mettre en valeur et de diversifier sensiblement la production artisanale locale afin d’en accroître la diffusion. Rouge Beauté vise l’autonomie financière de ces femmes qui peuvent maintenant produire, dans la durabilité, un artisanat créatif et original au sein de structures légères.

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jeudi 19 mai 2016

Les femmes artisanes de Mahajanga à Sainte Marie en passant par Fianarantsoa

Aujourd'hui, c'est la tempête à Sainte Marie, je suis arrivée sur l'Île hier, par beau temps, et me voilà confinée dans ma chambre à Ambodifotatra avant de monter dans le nord à Ambatoroa, fief de Rouge Beauté, dès que le temps le permettra, je me déplace en scooter.
De toute façon, j'ai des partenaires à rencontrer dans la ville principale, la Directrice de l'Office du Tourisme, le Représentant du Ministère de la Culture et de l'Artisanat et la Présidente de l'Association des femmes de Sainte Marie... Comme l'an, passé, Rouge Beauté va participer au Festival des Baleines, du 2 au 10 juillet, nous espérons que cette année ce ne sera pas la grève à Air Madagascar. Les femmes d'Ambatoroa participeront à différentes activités : le défilé du Carnaval avec les Drôles de Dames, le Concours d'artisanat, l'Exposition-vente dans le village du Festival.
On m'a confié la tâche de contacter tous les artisans de l'Île en vue du concours, ça ne va pas être facile !
Nous sommes au tout début de la mise en place du grand projet Rouge Beauté à Sainte-Marie, beaucoup de travail en perspective avec de nouveaux dossiers de subvention à remplir car il nous manque des fonds, le permis de construire à déposer, la première tranche de travaux à organiser en amont… Tout ça est passionnant !




Je suis passée à Fianarantsoa le mois dernier, pour animer une formation comme je le fais habituellement deux fois l'an, la situation y est plus difficile pour ces femmes car pour l'instant, elles ne disposent pas d'un lieu de vente bien situé pourtant leur créativité évolue bien depuis quelques mois, à vous de juger. (Cf Photos ci-dessus)


À Mahajanga, le varatraza commençait à souffler quand je suis partie dimanche, c'est le vent d'hiver qui va souffler jusqu'à fin septembre, surtout le matin.
À Rouge Beauté, si vous suivez notre page FaceBook, vous savez déjà que la créativité et les ventes sont en pleine expansion, il faut dire que les artisanes sont maintenant une quarantaine auxquelles se rajoutent les femmes de 5 villages du District de Mitsinjo.

En ce moment même, nous participons à la FIM, Foire Internationale de Madagascar à Antananarivo. Yvonne, Robine et Hortense qui représentent l'Association sont ravies d'être en balade.


Début juin nous prendrons part à une grande rencontre dans le cadre des Journées Mondiales de l'Artisanat à Mitsinjo. Je pense m'y rendre aussi...

Voilà, comme vous le voyez, nous ne manquons pas d'activités dans le pays du moramora. Toutes ces images sont là pour en témoigner...










À suivre... ici dans un mois ou sur notre page FaceBook, chaque semaine :

mardi 15 mars 2016

Les fibres naturelles

En ce moment, il y a un gros problème foncier à Belinta, le village d'où sont issues le plus grand nombre de femmes Rouge Beauté. Un grand terrain dont les propriétaires ne se sont pas occupé pendant des décennies a été investi peu à peu par des dizaines de familles, cela représente plusieurs centaines de personnes qui se sont fait éjecter de leurs maisons par un huissier et ses aides en février, l'armée est intervenue pendant plusieurs jours, un procès est en cours mais le jugement est sans cesse reporté...

Vendredi dernier, à l'heure du cours d'informatique, nous avons parlé de « La journée des droits de la femme » très fêtée par les femmes de Madagascar qui vont toutes défiler, nous avons donc dû fermer la boutique le mardi 8 mars. Seulement, la situation n'est pas brillante, un sondage communiqué sur RFI ce jour-là indiquait que 50% des personnes interrogées hommes et femmes confondus, pensent que les violences conjugales sont normales. Le droit coutumier, en général peut favorable aux femmes, prend souvent le pas sur la législation officielle. La discussion a été très animée avec beaucoup de rires pour un sujet grave mais je sais que le rire à Madagascar est bien plus que cela, c'est aussi l'expression de la peur, souvent de la gêne, voire de la colère... Il y a eu une longue discussion sur le rôle de la femme dans la société, épouse et mère et... c'est tout ! Sur le fait que dans certaines familles, les femmes sont au service, elles préparent à manger pour les hommes et ne mangent elles-mêmes que les restes s'il y en a, s'il n'y en a pas elles raclent le riz brulé au fond de la marmite. Il était clair par leurs attitudes que certaines artisanes étaient réprobatrices de cette discussion mais, bien que sollicitées, elles n'ont pas voulues s'exprimer...

Sinon, il y a maintenant une équipe de football Rouge Beauté. Étant arrivées en quart de finale dans un tournoi local, sans entrainement aucun, les artisanes ont décidé de s'entrainer toute l'année, deux fois par semaine, tout ça en plus de la zumba gazy du mercredi matin. L'année 2016 s'annonce très sportive ! C'est très positif car les femmes commencent maintenant à s'inquiéter de leur santé et de leur bien-être sans parler de l'esprit d'équipe qui se renforce dans ce groupe quand même constitué de six ethnies.

Nous montrons souvent nos produits mais peu les matériaux qui les constituent. Les artisanes Rouge Beauté utilisent en priorité des matières naturelles produites à Madagascar.





Le satrana est une variété de palmier, typique de la côte ouest de Madagascar, dont les feuilles sont utilisées couramment dans la composition des toitures dans cette région et dans la confection des nattes. Les artisanes de Mahajanga emploient la technique du tissage et du tressage à noeuds pour travailler le satrana afin de fabriquer des paniers, des corbeilles, des sets de table, des tapis, des rideaux…
 

Le raphia (mot d'origine malgache attesté en 1781) est une variété de palmier de la famille des Arecacea que l'on rencontre dans les milieux marécageux et le long des fleuves en Afrique et en Amérique Centrale. L'espèce Raphia farinifera originaire de Madagascar donne une fibre provenant de ses feuilles qui, par extension, porte le nom de raphia. À Mahajanga, cette fibre est très utilisée par les artisanes Rouge Beauté, nous allons la chercher en pleine brousse, à 80 km au sud dans le district de Mitsinjo.
Les diverses techniques appliquées par les artisanes sont le tissage et le tressage.
En tissant, les femmes confectionnent des tapis, des rideaux, des sets de table, des sacs…
En tressant, elles confectionnent des sacs, des cache-pots, des sets de tables, des tapis à Majunga.
À Sainte Marie, le raphia est employé traditionnellement pour faire des presse-coco. Les artisanes Rouge Beauté utilisent la même technique pour réaliser des filtres, plus petits, pour le café ou le thé.

Le Taretra, sisal, est une variété d’agave, originaire de l'est du Mexique. Sisal est également le nom de la fibre extraite des feuilles de cette plante. Très résistante, cette fibre sert à la fabrication de cordage, de tissus grossiers, de tapis... Annuellement, Madagascar produirait 10 000 tonnes de sisal en moyenne, soit environ 3% des besoins mondiaux.


Les artisanes, Rouge Beauté, de la région de Haute Matsiatra, extraient la fibre de la feuille à l’aide d’une raclette en fer, la font sécher, la teignent éventuellement, puis la tressent. Ensuite, les tresses sont cousues ensemble ou tissées.

Les ravindahasa, les joncs : à Madagascar, il existe beaucoup de variétés de joncs. Ils possèdent des qualités diverses: le forona, le zozora, le vinda particulièrement résistant, l’arefo qui est très souple, le penja qui est blanc à l’intérieur…

On les tresse pour faire des nattes, sets de table, corbeilles, abat-jour, poufs, sandrify, pochettes, sacs…

Les teintures :
Pour les couleurs vives telles que le rose, le bleu, le vert, le violet... les artisanes utilisent des colorants artificiels cependant, à Rouge Beauté, nous essayons de privilégier les teintures naturelles : curcuma, cendre, métal rouillé, pelures d’oignon, champignon de l'Eucalyptus, le « taikininina »… Ces techniques nous permettent de produire des couleurs allant du jaune au noir en passant par toutes les gammes de marron.

La racine de tamitamy, curcuma, dans une teinture à chaud, donne un jaune éclatant.
Sur une teinture au tamitamy encore humide, le frottage à la cendre de bois donne un marron oranger

Comme le champignon « taikininina », l’écorce de Honko, palétuvier produit selon le temps de trempage, à froid, un marron clair pour quelques heures, jusqu’à un noir intense pour quelques jours. Cependant nous ne pouvons plus utiliser palétuvier car il est désormais protégé.


L'ambiance, la production et la créativité se portent bien à Rouge Beauté, Mahajanga.

Au mois d'avril, je partirai à Fianarantsoa pour une quinzaine de jours.

Surtout si vous en avez l'occasion allez voir la page FaceBook Rouge Beauté Madagascar :
https://www.facebook.com/pages/Rouge-Beauté-Madagascar/684412314920383?fref=ts, nous y mettons des photos toutes les semaines, nous recevons en moyenne entre 2000 et 5000 visiteurs par semaine. Dans la semaine du 8 février, nous avons fait le buzz avec plus de 50000 visiteurs !!!


À suivre...

Rosemarie Martin

mardi 2 février 2016

C'est la Fête à Rouge Beauté

mardi 5 janvier 2016

Rouge Beauté, toujours là !


Hier, je me suis fait attaquer par un zébu, je ne m'y attendais pas. D'habitude, ils sont assez placides, les zébus, il m'arrive souvent d'en raccompagner qui s'égarent devant mon bungalow pour y manger quelques plantes. Cette fois-ci, c'était un jeune taureau. Il m'a regardée intensément et le temps que je réagisse, il avait déjà chargé, j'ai juste pu me retourner avant qu'il m'agresse, heureusement que ses cornes encore jeunes n'étaient pas acérées. Me voilà avec deux bleus, énormes, je suis bien décorée pour cette nouvelle année  !!!




Sinon, tout va bien, à Mahajanga, l'ambiance est bonne, les femmes sont très actives, la production est intense : grands tapis ronds en raphia tressé, tapis rectangles et rideaux en raphia tissé, nouveaux paniers en satrana (variété de palmier local), rideaux en soga brodé selon la technique richelieu... 




Nous avons programmé une nouvelle formation couture pour celles qui le souhaitent. Certaines, ont besoin de beaucoup de temps pour assimiler les connaissances et se familiariser avec la pratique mais c'est ça Rouge Beauté : chercher les meilleures solutions et s'adapter à chaque situation, c'est passionnant !!!







En décembre, je suis allée à Sainte Marie, à peine arrivée, j'ai dû me rendre à l'hôpital d'Ambodifotatra car le petit fils de Lorencine attendait depuis la veille d'être soigné, on lui avait fait le test du paludisme qui s'était avéré négatif, puis... rien. Ici, tu dois d'abord acheter, à la pharmacie de l'hôpital, les médicaments que le médecin t'a prescrits sinon, on ne te les administrera pas, tu ne seras pas soigné donc. S'il y a un espoir de trouver de l'argent, tu attends sur ton lit sans drap, c'est à la famille de les apporter ainsi que les repas. Bon, le petit s'en est sorti, il a eu de la chance cette fois-ci mais combien de gens meurent chaque jour faute de soin ?


Les artisanes de Ambatoroa ont toujours le moral, il y a de nouveaux projets qui s'annoncent pour l'Île, je ne sais pas encore si Rouge Beauté va pouvoir y participer... mais pour nous ce serait une reconnaissance et coup de pouce bienvenus. Comme d'habitude, j'ai rencontré nos partenaires que sont l'Office du Tourisme, le délégué du Ministère de la Culture et de l'Artisanat, la déléguée du Ministère du Tourisme, du Transport et de la Météorologie, la Présidente de l’Association des femmes de Madagascar à Sainte Marie, la FI.A.MA. et les Associations Drôles de Dames et Cétamada avec lesquelles nous seront également amenés à collaborer, tous ces partenaires sont très dynamiques et se battent pour que l'Île décolle économiquement tout en préservant ses ressources.


Pendant mon séjour, les femmes ont suivi une formation macramé avec Florentine qui va peut-être intégrer le groupe.


Nous attendons toujours d'avoir des fonds pour mettre en œuvre notre beau projet tel qu'il fonctionne à Mahajanga, avec un plan de formation technique et théorique, un espace de vente, un espace d'atelier et de formation ainsi qu'une coopérative d'achat qui pourra être plus modeste. À cela il faudra rajouter un programme pour produire, nous même, les fibres naturelles que sont le raphia et le penja (variété de jonc local) car nous ne pourrons pas toujours nous approvisionner suffisamment et gratuitement, nous devons anticiper dès maintenant.


Bonne année à tous, merci à ceux qui nous soutiennent et continueront à le faire, oui, un grand MERCI !


À suivre



Rosemarie Martin


lundi 30 novembre 2015

En visite en Haute Matsiatra


En octobre, nous avons reçu avec grand plaisir des représentants de l'Association Hetsika de Nantes, ils sont sur un nouveau projet d'opéra à Madagascar, avec des enfants cette fois-ci.


Depuis une quinzaine de jour, j'ai quitté Mahajanga pour la Haute Matsiatra, c'est avec plaisir que j'ai retrouvé les artisanes des associations qui suivent habituellement notre formation : à Mahasoabe, Taratra et Faly, travaillent respectivement le jonc, forona, et le sisal, taretra et à Fianarantsoa, les femmes de Ny Aingasoa font des patchworks en tissus tandis que les artisanes de Andohabevava, de l'association Vehivavy Miray exploitent le sisal. La créativité progresse tout doucement, je ne peux pas trop pousser ces femmes à produire car elles n'ont toujours pas à leur disposition un lieu de vente digne de ce nom. L'association Rouge Beauté ne peut rien faire toute seule et le choix des partenaires locaux, pour des raisons financières compréhensibles, ne va pas vers la recherche d'un lieu ayant pignon sur rue pour y installer une maison des artisanes. De plus, Rouge Beauté a pris la décision de prioriser la reconstruction de notre site de Sainte Marie mais à chacune de mes visite en Haute Matsiatra, ça me fait mal au cœur de ne pas pouvoir aider plus. Toutefois un nouveau lieu de vente est ouvert sur le site de l'ancienne piscine dans le quartier de Anzoma, c'est un peu enclavé mais on va voir ce que ça donne...




Suite à la formation ayant eu lieu en début de séjour, les femmes de Mahasoabe et de Andohabevava ont apporté, hier dimanche, leurs nouvelles productions. Pas mal non ? Et quelle fierté ! Et j'ai récupéré samedi un patchwork chez Madame Simona qui m'a aussi fait cadeau de deux sacs en soga brodés Rouge Beauté.





La semaine dernière, j'ai fait un saut à Ranomafana pour y acheter des « larmes de job » ou voambero, c'est une graine qui nous sert à fabriquer des rideaux de porte. Il y en a à foison, beaucoup plus encore que dans la région de Mitsinjo où nous nous fournissons d'habitude.





Aujourd’hui, je suis allée visiter les potiers et potières dans un petit village proche Fianarantsoa. J'ai une petite idée derrière la tête, j'ai vu à Mahajanga des fabriques de briques et dans ce cas, il y a beaucoup de chance qu'on puisse y trouver aussi de l'argile plus fine pour faire de la poterie. J'ai proposé aux femmes d'ici de leur donner une formation design en échange de quoi, elles formeraient les artisanes de Mahajanga, à suivre aussi...




Tout ça, c'est beaucoup de taxi-brousse avec de nombreuses aventures notamment quand on voyage avec une vingtaine de personnes serrées comme des sardines à l'arrière d'une 404 bâchée pour les trajets locaux.


En déplacement, je garde toujours le contact avec les autres site. Tout va bien à Mahajanga, nous attendons la saison des pluies avec impatience. La piste qui dessert Petite Plage va être goudronnée.
Les artisanes travaillent beaucoup.

Ce week-end, nous avons participé au Festival Vorifady à Mitsinjo, le travail de Rouge Beauté a été reconnu à sa juste valeur.


Demain, je repars pour Antananarivo, pour deux jours, puis ce sera un nouveau départ pour Sainte Marie, à suivre... Ici tous les mois ou chaque semaine sur Facebook :
//https://www.facebook.com/pages/Rouge-Beaut%C3%A9-Madagascar/684412314920383?fref=ts

Rosemarie Martin