Rouge Beauté œuvre pour le développement de micros-écoles d’arts appliqués à la production artisanale locale réalisée par les femmes à Madagascar. L’Association a choisi comme sites d’activité trois régions : la Haute Matsiatra, la Boeny et l’Analanjirofo pour y dispenser une formation artistique afin de développer la créativité. Son but est de mettre en valeur et de diversifier sensiblement la production artisanale locale afin d’en accroître la diffusion. Rouge Beauté vise l’autonomie financière de ces femmes qui peuvent maintenant produire, dans la durabilité, un artisanat créatif et original au sein de structures légères.

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mardi 15 mai 2012

Sainte Marie et Mahajanga, avril-mai 2012


J’arrive de Sainte Marie, histoire de vous mettre dans l’ambiance, je vous raconte un peu le trajet Ambodifotatra/Ambatoroa, où les femmes m’ont attendue pendant deux jours parce qu’il n’y avait pas de taxi-brousse, il s'était carrément cassé en deux la veille de mon arrivée sur l’Île, avec les passagers à l'intérieur, puis à l'extérieur donc. Heureusement, il n'y a pas eu de blessés. J’ai fini par prendre un camion-benne, déjà très chargé en marchandises et dont il le réservoir d’eau fuyait. Il a fallu s’arrêter tous les quarts d’heure pour rajouter de l’eau. Mais le plus grave, c’était les pneus, usés jusqu'à la corde qu'on voyait sur un bon dix centimètres de large. Avec la piste, très accidentée, pleine de grosses caillasses et boueuse par endroits, je craignais le pire, nous avons évité l'éclatement de pneu mais avons eu droit à un slalom plus que périlleux dans la boue avec le ravin en ligne de mire. La fin du parcours a été très tendue.
Bon, sur place, tout c'est bien passé, nous avions une commande, l'équipe a bien assuré. 
Au retour, la galère a recommencé, j'ai appris la veille au soir que le taxi-brousse était de nouveau en panne. Il m’a fallu envisager d’urgence une solution de rechange, j’ai trouvé une moto (en tant que passagère, je ne suis pas dégourdie pour la conduite), avec le vent et la pluie et... les bagages, ce n’était pas évident ! La moto, il fallait s'y attendre, est tombée en panne, le carburateur ! 

Bon, sinon, comme je vous le disais, nous avons bien travaillé. Joëlle et Jean-Jacques Ravello, patrons de l’Hôtel Lakana, situé au sud de Sainte Marie, ont bien aimé nos produits et sont très partants pour soutenir l’artisanat local. Ils nous ont commandé des objets destinés à la décoration de l’établissement et nous ont offert généreusement d’en exposer dans leur espace artisanat au sein de l'Hôtel. Une belle rencontre.

L’Hôtel Soanambo, pour lequel nous avons réalisé cinquante abat-jour, nous a commandé de grands stores, pour le Spa. C’est un plaisir de travailler avec Madame Christine, la gérante de cet établissement. Nous allons faire notre possible pour ne pas la décevoir bien que les délais soient très courts.

Malheureusement, Monsieur Bimba, représentant du Ministère de la Population, décédé en mer en août dernier, n’est toujours pas remplacé. Pour l’instant, le projet d’une maison des artisanes est en suspens.
Il nous avait présenté Madame Julienne, présidente de l’Association des femmes de Madagascar à Sainte Marie, la FI.A.MA qui nous a proposé d’exposer à l’occasion de la journée de la femme (très suivie à Madagascar) et de participer, au mois de juillet à une vente-exposition à l’occasion de la toute nouvelle récolte d’igname qu’on essaie d’implanter dans l’Île.

De retour à Mahajanga, j’ai accueilli 4 nouvelles recrues qui travaillent le satrana, elles sont de Maroala, un village qui jouxte le nôtre. Pour l’instant, leur technique est un peu grossière mais d’ici peu, elles seront capables de travailler aussi bien que les autres.

Un kiosque sur le front de mer est en projet pour accueillir une antenne de l’Office du Tourisme et l’artisanat des labellisés Angaya dont nous faisons partie.

Nous allons participer au salon ITM (International Tourism Fair Madagascar), sur le stand de Tourisme sans Frontière, qui se tiendra le 31 mai, 1er et 2 juin à Antananarivo.

Dans l’optique de donner de plus en plus d’autonomie aux artisanes, nous allons peu à peu diminuer l’aide à l’achat de matières premières pour la remplacer par une centrale d’achat que nous sommes en train de mettre en place.
Cela permettra aux artisanes de racheter les matériaux à prix de gros : l’écorce de mangrove, la teinture, les tissus pour les doublures, le fil pour le tissage, le raphia, le satrana…

Pour le raphia, nous allons signer une convention avec un producteur de la région, sur le principe des AMAP. Elle prendra effet fin mai. C’est très important pour nous car la production du raphia étant saisonnière, 6 mois par an, la spéculation va bon train le reste de l’année.

Les produits Rouge Beauté sont réalisés essentiellement avec des produits malgaches, pour les doublures de sac, par exemple, j’achète, lors de mes passages à Tana, des fins de coupon Cotona au Marché Pochard. J’y achète également des fins de bobine de fil de tissage.

Pour le cuir, des anses de sac et les nouveaux boutons en coco, nous les commandons en gros à José, cordonnier qui fait partie des artisans labellisés.


Concernant l’amélioration des conditions de travail dans la micro-école Rouge Beauté, il y a du nouveau dans le mobilier : des tabourets et des tables ont été réalisés par un menuisier local. Par contre, nous avons toujours des difficultés pour implanter des sanitaires, entre les racines d’arbre et le passage de voitures, il est très difficile de trouver un lieu pour creuser la fosse. Nous devrions trouver la solution en juin.

samedi 24 mars 2012

jeudi 15 mars 2012

Mahajanga, Fianarantsoa février, mars 2012



Je suis de retour à Mahanjanga où les ordures ménagères ont enfin été ramassées. Je viens de passer quinze jours à Fianarantsoa où j’ai travaillé avec quatre associations.


J’ai eu des difficultés pour rencontrer les femmes des deux associations de la commune de Mahasoabe, Taratra et Faly à cause des inondations qui coupaient la route. Il y a eu vraiment beaucoup de pluie en ce début de mois de mars.

Dans le quartier de Tsaramandroso à Fianarantsoa, les artisanes de Fitahiana, m’ont accueillie avec beaucoup d’enthousiasme, comme d’habitude. Après avoir vu le blog, elles ont insisté pour faire une photo de groupe. Elles continuent à travailler le Sisal, elles vendent leurs produits au marché du Zoma tous les vendredis (ny zoma) et à la gare routière.


Les femmes d’Ampelasoa qui travaillait le soga (toile locale de coton écru), s’orientent maintenant vers le bemiray (patchwork) car le prix du soga a beaucoup augmenté, ce n’est plus rentable de l’utiliser. Elles ont déjà réalisé un plaid qui est parti à La Réunion et commencent des tapis d’éveil pour les bébés, à suivre…

Depuis une quinzaine de jours, tout augmente, l’essence est maintenant passée à 3240 Ar/litre, le gazole à 2950 Ar/litre, l’électricité à +17%, l’eau à +14% et les communications téléphoniques ont subi une augmentation spectaculaire de 40%, le même jour chez les quatre opérateurs. Pour info, en ce moment, on achète l’Ariary au taux de 2700 à 2800 pour un 1 €uro, le salaire minimum est de 70 000 Ar (26 €), le kg de riz à 1400 Ar.
En passant à Tana, j’ai acheté de la teinture, mais, là aussi, il y a une augmentation de 24 % sur le rose, la couleur la plus utilisée par les artisanes malgaches.

Le cuir est difficile à trouver et très cher alors que l’élevage du zébu est très important à Madagascar, en 2007, le pays possédait un cheptel de 10,4 millions de bovins. Pour les artisanes, c’est un problème car des anses en cuir pour un sac, par exemple, c’est une plus-value. Dans le cadre de la labellisation Angaya, à Mahajanga nous avons décidé de développer la collaboration entre les diverses formes d’artisanat, nous avons déjà effectué des prototypes avec un cordonnier du groupe.



Depuis que Rouge Beauté est mentionnée dans les pages info-tourisme-madagascar, nous avons reçu, à Mahajanga, la visite d'un groupe d'artisanes d'Antananarivo fin février, un bus de touristes début mars et nous avons été contactés par un autre Tour opérateur intéressé pour visiter notre boutique-atelier.


Toujours dans le cadre de la labellisation, j’ai rencontré la Directrice de la toute nouvelle École de Tourisme de Mahajanga hébergée dans les locaux de la faculté des sciences. Petite parenthèse : j’ai appris, à cette occasion, que l’Université de Nantes s’était associée à la ville de Mahajanga pour y créer un laboratoire Mixte International en Biotechnologie. Avec la directrice de l’École de Tourisme, nous sommes en train d’envisager une collaboration souple. Pour l’instant, elle a offert un point de vente pour Rouge Beauté à l’accueil de l’école et j’ai accepté de faire quelques interventions auprès de étudiants dans le domaine du développement de la sensibilité artistique.


Les cours d'alphabétisation et de français commencent doucement.




À suivre…


Rosemarie Martin

jeudi 26 janvier 2012

Mahajanga, janvier 2012



La saison des pluies bat son plein, le mois de janvier a vu les trombes d’eau s’abattrent sur Mahajanga et pourtant, nous ne sommes pas les plus à plaindre dans le pays, les régions de Morombe ou Fianantasoa, par exemple, sont particulièrement gâtées.
Du coup, les activités sont au ralenti, nous avons dû fermer le magasin deux jours et les artisanes ne peuvent plus venir régulièrement à l’atelier. Les clients se font de plus en plus rares, cette situation ne va   pas s’améliorer avant fin mars.

 Mahajanga, un autre problème domine en ce moment : les ordures ménagères ne sont plus ramassées depuis des semaines et des semaines en raison de la grève des éboueurs qui ne sont plus payés depuis longtemps. En effet, les caisses de la ville sont vides. Ce qui est à craindre, en cette saison des pluies, c’est la peste qui sévit tous les ans et qui, dans ces circonstances, peut prendre des    proportions inhabituelles. Les tas d’immondices commencent même à envahir la chaussée dans certains quartiers du centre ville.

Si les activités sont au ralenti, nous avons, néanmoins, de nouvelles productions artisanales toutes les semaines notamment des objets de décoration pour la maison tels que des tapis et sets de table en satrana et raphia, des rideaux et des chapeaux en raphia… Les chapeaux, surtout ceux qui sont à large bord, se vendent très bien auprès de la clientèle touristique tananarivienne.


Je continue toujours à prendre des cours de malgache auprès de Gilberte qui est institutrice. Je progresse lentement mais sûrement. De toute façon, dans le cadre de mon activité, je suis obligée de m’exprimer en malgache car aucune des femmes du groupe ne s’exprime en français, ce n’est pas toujours brillant parfois drôle, mais nous arrivons à communiquer.

Il y a de grandes différences de niveaux scolaires au sein de l’équipe, certaines des artisanes sont analphabètes et peu douées en calcul. Le Conseil d’Administration Rouge Beauté avait déjà prévu, pour cette année, de financer des cours d’alphabétisation. Et, depuis quelques semaines, les femmes, les plus à l’aise avec la clientèle constituée de touristes et de résidents souvent d’expression française, demandent à suivre des cours de français. Nous allons envisager la question.

Pour l’instant, les événements politiques ne troublent pas notre quotidien, nous avons eu un peu peur samedi dernier en raison de l’agitation occasionnée par l’annonce de l’arrivée de l’ancien président. Maintenant, c’est le retour au calme. Le Consulat prévient, par SMS, tous ses ressortissants en cas de danger d’ordre politique, climatique ou autre.
Ce qui est à craindre c’est la délinquance, qui a beaucoup augmenté en raison du très grand appauvrissement de la société, il faut toujours rester vigilant.
Mais surtout, que ceux qui auraient envie de venir découvrir les activités de Rouge Beauté et visiter le pays n’hésitent pas, je serai là pour les guider.

À bientôt

Rosemarie Martin

mercredi 4 janvier 2012

Quelques nouvelles de la fin 2011 : une cascade malencontreuse de ma part, la saison des pluies qui commence, la construction d’une avancée de toiture nécessaire pour éviter que les rafales d’eau n’entrent dans l’atelier.
Mon activité a été un peu réduite ces quinze derniers jours car j’ai fait une grosse chute du haut d’un escalier, à 3 mètres de hauteur, ce qui m’a valu deux côtes fêlées, une petite visite à l’hôpital de Mahajanga, dont je n’ai vu que le plafond, et des effets post-traumatiques assez importants. Les radios sont un peu floues, mais la colonne vertébrale semble intacte. Donc, rien de grave, je m’en sors bien, la vie continue.

La saison des pluies vient de commencer depuis quelques jours avec ses trombes d’eau mais aujourd’hui, il fait un temps breton, petite pluie fine et ciel bas mais néanmoins lumineux et... 28°.
Au mois de décembre, nous avons fait construire un auvent de 20m2 qui couvre le reste du terrain que nous louons, nous sommes ainsi complètement à l’abri de la 
pluie même avec un vent d’est très fort.Dans le même registre, il va falloir, bientôt, que nous fassions creuser et cimenter un caniveau profond à l’arrière de l’atelier, des travaux que nous n’avions pas prévus mais indispensables pour éviter les torrents d’eau et de boue.

Et pour finir le chapitre travaux, il est prévu, pour cette année également, l’aménagement des sanitaires, toilettes et douche.

Avec les vacances de Noël, qui se terminent la semaine prochaine ici et à Mayotte, l’activité Rouge Beauté s’est bien portée. Nous vendons surtout des chapeaux aux Tananariviennes et des objets pour la maison : tapis, rideaux, sets de tables, corbeilles, plateaux… Julienne qui travaille le satrana a du mal à suivre car ses produits plaisent beaucoup et son travail est de très bonne facture.
La plupart des femmes du groupe Rouge Beauté de Majunga utilisent le raphia, il y a vraiment eu de nets progrès en teinture, tissage et tressage. Les grands tapis (1x2m) sont de toute beauté et partent au fur et à mesure. Nous avons, néanmoins parfois de petits soucis de finition, c’est un des problèmes majeurs dans l’artisanat malgache.

L’avantage du raphia et du satrana, contrairement au jonc, c’est que ce sont des fibres solides chacune à leur façon ; le raphia tissé ou tressé est souple et le satrana s’il est tressé avec la technique des trous est rigide.

Il va falloir que nous fassions le plein de raphia car bientôt, on ne pourra plus le récolter. On en trouve toute l’année, mais à des prix très élevés car, malheureusement, les vendeurs font de la spéculation. C’est encore plus grave quand il s’agit du riz.

A bientôt pour la suite…

Rosemarie Martin

mardi 15 novembre 2011

Fianarantsoa, Majunga, Sainte Marie, octobre/novembre 2011


J’ai passé le début du mois d’octobre à Fianarantsoa, j’ai travaillé avec Ampelasoa, l’Association qui utilise le Soga, je suis allée, également, voir l’Association Soalandy qui travaille la soie à Ambalavao, Madame Arline, la responsable, est toujours aussi active et entreprenante. Elle fait maintenant de la formation, son équipe s’agrandit. J’ai été reçu aussi par les femmes de l’association AMI à Anja, commune située à une  de kilomètres d’Ambalavao, elles font de la couture, de la broderie et de la vannerie. C’est un groupe très important, d’environs une centaine de personnes qui ne pratique son activité artisanale qu’en période creuse pour l’agriculture.
Aurélie Razafinjato, qui est avec nous depuis le début du projet et sans laquelle notre action serait, bien souvent, plus difficile à mener, m’a fait rencontrer un nouveau groupe de femmes qui travaille le sisal.
Mon travail en Haute Matsiatra consiste en formations ponctuelles auprès des 8/9 associations présentées par la Région. Il est problématique que nous n’ayons toujours pas trouvé de lieu, avec nos partenaires locaux, pour créer une véritable micro-école comme à Majunga et dans une moindre mesure à Sainte-Marie.

À Mahajanga, le projet évolue plutôt bien, j’y suis revenue à la mi-octobre pour accueillir, avec toute l’équipe des artisanes Rouge Beauté, l’éductour dont je vous ai parlé dans le message précédent. La visite de l’atelier et de la boutique s’est très bien passée, les femmes, d’ailleurs, ont fait un très bon chiffre d’affaires ce jour-là. Mais, nous espérons surtout des retombées plus tard en étant boutique escale de circuits touristiques. Comme vous le savez, les artisanes  Beauté peuvent, maintenant, exposer et vendre à l’Office du Tourisme de Mahajanga ainsi que tous les artisans labellisés Angaya. Avec tout ce groupe, nous allons également bénéficier d’un emplacement au Bazar Be, marché situé à Majunga Be, non loin de l’ancien  Rouge Beauté. Ce marché est très fréquenté par les touristes et les résidents étrangers. Nous sommes en train de réfléchir à la conception de ce     stand commun qui devrait être ouvert pour les fêtes de fin d’année. 


 






À Sainte Marie, le groupe suit son petit bonhomme de chemin. Après un mois d’août très fructueux avec la participation au Festival des Baleines, les femmes y ont vendu plus d’une cinquantaine d’objets, l’activité s’est un peu relâchée et l’équipe s’est rétrécie. Il faut dire qu’il passe très peu de visiteurs sur la piste en ce moment, résultat, en partie, d’histoires locales. De plus, c’est la période de repiquage du riz, travail spécifiquement féminin. À Ambatoroa, toutes les femmes travaillent aux champs, ici, on dit plutôt : travailler à la forêt. Depuis une semaine, la production a repris avec des produits simples : sandrify, nattes, paniers, corbeilles, cache-bouteilles, sacs... Philomène a essayé une nouvelle fibre, le vakoa. Les comptes sont, comme d’habitude, très bien tenus, il y a 50000 Ar en caisse.
La saison des pluies s’annonce, nous avons fait réparer le faîtage de la boutique et les huisseries. Nous espérons que la construction va bien tenir en cas d’intempérie. En 2008, le cyclone Ivan avait détruit 80% du village.

Aujourd’hui, je repars pour Mahajanga, je reviendrai à Sainte Marie en avril. Je ne sais pas comment je vais retrouver mon bungalow car, en mon absence, la toiture en satrana, très abîmée, devait être refaite mais ces derniers jours, il y a eu de très grosses pluies sur Mahajanga…

A bientôt

Rosemarie Martin

mardi 27 septembre 2011



Je commence, malheureusement, ce message par une très mauvaise nouvelle, qui me rend très triste, nous avons perdu, dans un naufrage qui s’est produit le 29 août, à Sonierana Ivongo, un partenaire cher à nos yeux, Bimba Onésyme, représentant, à Sainte Marie, du Ministère de la Population. Cet accident tragique a causé la mort de 14 personnes dont la Ministre, Nadine Ramaroson. La délégation revenait justement de Sainte Marie.
Nous avions entamé un très bon travail avec Monsieur Bimba, après la mise en place du Marché de Noël, nous projetions de créer une Maison des artisanes… 


J’ai passé le mois de septembre à Mahajanga, j’ai quand même eu quelques déceptions en arrivant car, en cette période de vacances, la boutique n’avait pas été ouverte tous les jours et le travail avait peu avancé. Il faut dire que le processus de labellisation avait exigé de Robine, la responsable, une grande participation aux nombreuses réunions.


En tout cas, maintenant, l’ensemble du groupe Rouge Beauté a obtenu la labellisation : produit artisanal de Mahajanga, ce qui offre de nombreux avantages, une reconnaissance locale et une mise en relation avec les partenaires touristiques de diverses horizons. Dans la semaine du 10 au 16 octobre, aura lieu un « éductour »* et le site Rouge Beauté a été choisi pour une visite des tours- opérateurs locaux et européens, le 14 octobre. 
L’Office du tourisme qui s’est agrandi avec un nouvel espace boutique présente et vend les objets des artisanes et associations labellisées. Pour les femmes de Rouge Beauté, c’est une reconnaissance et un apport financier non négligeables.

La labellisation a permis, également, aux artisanes Rouge Beauté de suivre un stage sur la teinture naturelle, au Cite (Entreprise d’appui à mission sociale offrant des prestations d’appui aux petites entreprises et opérateurs, en combinant information, formation et appui-conseil) en septembre, cela leur a donné l'occasion d’étendre leurs propres connaissances dans ce domaine. 
Vendredi dernier, toute la journée, nous avons donc mis le stage en pratique, dans la cour devant la maison de Robine, à Belinta (photos ci-jointes). La teinture du raphia à base de curcumin, cendre de bois, pelures d’oignons, écorce d’arbres de mangrove donne vraiment de beaux résultats.

Le satrana ne prend pas bien la couleur, ce n’est pas grave cela apporte une note de blanc.

Nous sommes donc engagées, en ce moment, dans la conception d’objets de couleurs naturelles sans être puristes pour autant. La boutique est du meilleur effet avec un coin nature, un coin couleur et un coin tradition, c’est un bon équilibre.

Si au mois de juin, notre micro-école n’était toujours pas électrifiée, c’est, maintenant, chose faite grâce à la générosité de Gérard Rousset, de l’entreprise ATS à La Réunion, qui nous a offert gracieusement son savoir et sa main d’œuvre. Étant donné que la nuit tombe sur Mahajanga entre 17h30 et 18h30, c’est bien appréciable. Pour l’instant, nous sommes branchés sur la Jirama, la compagnie nationale de distribution électrique. Je pense que la prochaine étape logique serait d’équiper la structure en énergie solaire ce qui serait moins polluant et meilleur marché en consommation dans une région où le soleil est roi cependant, l’investissement de base est cher et les produits proposés sur place pas toujours fiables.


Je termine ce message en vous annonçant que Rouge Beauté est maintenant considéré officiellement comme organisme d’intérêt général ce qui, outre la reconnaissance de l’intérêt de nos activités, donne lieu a des déductions d’impôts pour les généreux donateurs potentiels que vous êtes.

A bientôt, je pars à Fianarantsoa jusqu’au 10 octobre.

Rosemarie Martin

*L'éductour est un terme technique utilisé par les professionnels du tourisme. Il s'agit de voyages ou de circuits de promotion et d'information réalisés par les fabricants de voyages et proposés gratuitement aux agences de voyages et tours-opérateurs. Le but est de faire tester la formule à des professionnels pendant plusieurs jours tout en les incitant à les proposer ensuite à leurs clients. De telles opérations peuvent également être organisées par les offices de tourisme dans le cadre d'opérations de développement.

dimanche 26 juin 2011

Mahajunga, juin 2011


Fin avril, nous venions d’engager la construction d’une nouvelle micro-école à Mahajanga, plus précisément à Amborovy, Petite Plage, eh bien, elle est maintenant terminée. Nous avons inauguré le bâtiment samedi dernier, en présence du Directeur Régional du Tourisme et de l’Artisanat. Le chantier s’est très bien passé, grâce à la maîtrise d’œuvre du propriétaire du terrain qui a fait un suivi de chantier remarquable pendant que j’étais à Sainte Marie et Fianarantsoa. Avec une rallonge de budget de 25%, nous avons réalisé, en plus du local fermé de 16 m2 prévu, un espace ouvert sur un côté, mais couvert, de 20m2. Nous disposons donc maintenant d’un espace pour la formation et le travail en atelier et une pièce close pour la boutique. C’est encore un peu vétuste mais les fondations ont été conçues de façon à pouvoir supporter un étage pour un agrandissement éventuel, nous pourrions aussi construire à l’arrière du bâtiment. Pour ce terrain de 80m2, nous avons signé un bail emphytéotique d’une durée de 18 ans renouvelable avec l’accord des deux parties.

Le groupe de 18 femmes reste sensiblement le même qu’avant : un peu plus de la moitié des artisanes viennent de Belinta à 1 Km de Petite Plage, les autres, pour la plupart, du quartier de Tsaramandroso.

La majorité d’entre elles tissent le raphia : sacs, rideaux pare soleil, tapis, sets de table, tête-à-tête… Quelques-unes travaillent le satrana : corbeilles à fruits, à papier,      dessous de plats, sets de tables, paniers, cache-bouteilles…

Avec la saison touristique, nous espérons que les ventes vont décoller. L’ouverture de ce lieu nous a permis de rencontrer les partenaires locaux qui sont en train de créer un Label Majunga pour le tourisme et l’artisanat. C’est très intéressant car cette ville possède beaucoup d’atouts qui ne sont pas encore exploités.


En fin de cette session de 10 mois, il est à constater que, sur chaque site, le style se précise et la production se recentre sur quelques produits phares.

À Sainte Marie, nature, simplicité, couleur naturelle du penja priment dans la conception d’objets basiques.
En Haute Matsiatra, les tapis et sacs en sisal de Taratra et Fitahiana, les robes, chemises et sacs en soga de Ampelasoa de couleurs naturelles s’opposent aux couleurs acidulées des chapeaux et pochettes de Mahasoabe.


Je vais passer les deux prochains mois en France. À noter l’Assemblée générale de Rouge Beauté vraisemblablement le vendredi 2 septembre. Je reviendrai à Majunga dès mon retour. Pendant ces deux mois, je vais garder le contact avec les artisanes, par téléphone car les sites ne sont toujours pas équipés d’ordinateurs avec connexion Internet.

Rosemarie Martin

samedi 28 mai 2011

L'hiver commence en Haute Matsiatra


 C'est l’hiver qui commence mais pour l’instant, il n’est pas trop rigoureux, la température varie entre 10° à 25 selon le moment de la journée. À partir de cette période, les nuits deviennent dures pour les sans-abri mais aussi pour les gardiens de nuit qui dorment dans de petites cabanes de fortune montées chaque soir et démontées chaque matin devant ou à côté des portes de magasins qu’ils doivent surveiller pour 40000 Ar (15€) par mois toutes les nuits ainsi que les dimanches et les jours fériés. Joseph est allé chercher son seul bien, sa petite radio, pour que je le photographie avec.



Les femmes du quartier de Tsaramandroso sont de plus en plus actives. Elles ne se contentent pas de tisser la fibre de sisal, elle vont, elles-mêmes, cueillir les feuilles pour l’extraire, c’est un très gros travail. Après le séchage, c’est la teinture à l'aide d’écorces d’arbres, de champignons, de racines… Puis vient le tressage et enfin le tissage.

À Ambohimahamasina, nous avons poursuivi le stage de la fin janvier sur les lampes et abat-jour. Cette fois-ci, nous sommes allés jusqu’au montage électrique, l’apprentissage s’est bien passé, mais nous avons eu quelques ennuis avec les interrupteurs, chinois, tous défectueux. Il y a eu plus de peur que de mal malgré quelques étincelles le soir venu. Ce village n’est alimenté en électricité qu’une heure par jour entre 18h30 et 19h30.

De remarquable à Mahasoabe, un jeu de dame en sisal, des tapis ainsi que des chapeaux très beaux de toutes les couleurs.




L’association, Ampelasoa, qui ne travaille que le Soga (toile écrue), a enrichi sa collection, toujours marquée par la tresse de tissu, de nappes ou plutôt sets de table pour deux personnes et de ceintures de voyage, très pratiques pour transporter l’argent et les papiers discrètement.

Dans l’ensemble, à part les chapeaux et petits sandrify (pochettes qui s’emboîtent) très colorés des associations Taratra et Faly, la tendance est toujours au naturel.

Aux dernières nouvelles, le chantier de la micro école de Majunga avance bien, j’y serai dimanche soir et pourrai en rendre compte dans le prochain message.

À bientôt

Rosemarie Martin

Tissage de tresses de sisal en Haute Matsiatra.avi

Extraction de la fibre de sisal en Haute Matsiatra Madagascar.avi