Rouge Beauté œuvre pour le développement de micros-écoles d’arts appliqués à la production artisanale locale réalisée par les femmes à Madagascar. L’Association a choisi comme sites d’activité trois régions : la Haute Matsiatra, la Boeny et l’Analanjirofo pour y dispenser une formation artistique afin de développer la créativité. Son but est de mettre en valeur et de diversifier sensiblement la production artisanale locale afin d’en accroître la diffusion. Rouge Beauté vise l’autonomie financière de ces femmes qui peuvent maintenant produire, dans la durabilité, un artisanat créatif et original au sein de structures légères.

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jeudi 31 mars 2011

Février/mars 2011 à Mahajanga


Majunga n’avait pas connu de saison des pluies aussi intense depuis longtemps.
Nous avons reçu la visite de trois de nos membres dont la trésorière, Véronique Moreau, et le trésorier adjoint, Jacques Rabiller, ils sont repartis avec quelques échantillons, surtout des sacs en raphia tissés main.

Le groupe de Mahajanga-ville a pris sa vitesse de croisière, il est maintenant assez productif, plus créatif et très en progrès quant à la qualité de la finition. Le groupe de Belinta, qui a plus de difficulté avec l’assemblage et la couture, s’oriente vers une production de tapis, sets de table, dessous-de-plat, rideaux pare soleil, tentures…

Pour vous permettre de mieux visualiser les matières de base et leur utilisation, voici un petit point en image sur les fibres naturelles utilisées par les artisanes Rouge Beauté.


À Sainte Marie, les artisanes tressent surtout le penja qui a la particularité d’être blanc à l’intérieur ainsi que le harefo, très souple, au rendu moelleux, ce sont deux variétés de jonc, ravindahasa. Elles travaillent également le raphia, rofia, qui est une variété de palmier.




Dans la région de Haute Matsiatra, les femmes emploient différents joncs comme le forona, souple, le vinda, résistant, le zozoro, le harefo mais aussi le sisal,    taretra, de la famille des agaves et la fougère, apanga


À Mahajanga, située dans une région plus sèche, il n’y a pas de jonc mais on tresse le satrana, un palmier très présent dans la région et le raphia.

Je vais passer le mois d’avril à Sainte Marie où le groupe m’attend ainsi que Modestine qui m’enseigne le  Malgache avec beaucoup de compétence.

Rosemarie Martin

samedi 12 février 2011

Début 2011 en Haute Matsiatra


En ce moment, c’est la saison des pluies. 

Mon séjour à Fianarantsoa vient de se terminer, j’ai travaillé avec les associations habituelles, je vous les présente un peu afin que vous puissiez les reconnaître si vous passez par là.

Ampelasoa est une toute petite association basée, jusqu’ici, dans le quartier de Tanana Ambony à Fianarantsoa, elle emploie exclusivement le soga, toile écrue, fabriquée à Madagascar par l’entreprise Cotona implantée à Antsirabe depuis une soixantaine d’années. Ces couturières confectionnent maintenant des robes, des chemises et des sacs, leur marque de fabrique est la tresse présente dans la composition de chaque article.



Les femmes de Fitahiana
, avec lesquelles j’ai fait connaissance en octobre dernier, habitent à Tsaramandroso un quartier de Fianarantsoa qui ressemble plutôt à un village de campagne. Elles tressent et tissent le sisal. Ce sont des femmes qui mènent une vie très dure et qui en veulent, leur production a beaucoup évolué depuis le mois d’octobre dernier.


Le Centre Madre Teresa accueille des artisans handicapés à Mahamanina, quartier de Fianarantsoa, ils font de la transformation, à partir de gony, bâche plastique qui sert à tout, de vanneries et parfois de cuir ou similicuir.

Taratra et l’Association Faly, situées Mahasoabe à une vingtaine de kilomètres de la ville, utilisent respectivement le jonc et le sisal. Ces deux associations travaillent de plus en plus ensembles, leur production est très intéressante.






Soalandy est basée à Ambalavao, à une soixante de kilomètres au sud de Fianarantsoa, sur la route de Tuléar. Les femmes de Soalandy filent et tissent la soie (landy). La responsable, Madame Arline, est très dynamique, très ouverte aux idées créatives. Depuis peu, elle s’est lancée dans l’élevage du vers à soie. La production habituelle de la région est plutôt la soie sauvage.
AMI, association de Anja, commune située à une vingtaine de kilomètres d’Ambalavao, fait de la couture, de la broderie et de la vannerie à partir de divers joncs (ravindahasa) de la région notamment le forona et le vinda.





Soamiray c’est une très grosse association qui regroupe 200 femmes réparties dans une quinzaine de villages de la commune d’Ambohimahamasina située à deux heures d’Ambalavao. Cette association, avide de nouvelles idées, fonctionne très bien. Cette fois-ci nous avons axé la formation, pour un groupe de 27 femmes, exclusivement sur la production de luminaires.

Dans l’ensemble, les femmes avec lesquelles je travaille sont plutôt de milieu rural.

Suite au bilan du 1er février de cette dernière session en Haute Matsiatra, les orientations générales, pour la prochaine session de mai, sont de :
. Développer davantage l’emploi de la teinture naturelle,
. Travailler sur le changement d’échelle : passer à la taille supérieure pour la plupart des produits ou au très petit pour certains d’entre eux,
. Orienter davantage la production vers l’aménagement de l’habitat, tapis, abat-jour, poufs, corbeilles à papiers, tapis de souris d’ordinateur, boîtes de rangement, rideaux, art de la table…

Malgré tout ce travail de créativité, il reste le gros problème du marché local à développer. Le projet de Maison des Artisanes, à la fois espace de formation, atelier et boutique dans un lieu que nous visons avec la Région et les associations partenaires notamment le CEDII, ne pourra aboutir qu’après les élections car des autorisations ministérielles sont nécessaires. Mais je ne pars pas vaincue.

 En attendant, nous continuons à chercher des moyens de mettre cet artisanat en valeur et surtout de le faire vendre ; le 1er février, le CEDII avait organisé une rencontre entre le Président de la Chambre des Métiers et Rouge Beauté, donc moi-même, un projet de foire artisanale à Fianarantsoa va voir le jour. La première édition est prévue en juin 2011.


Je serai à Majunga, à partir de la semaine prochaine et jusqu'à la fin mars, il y fera une chaleur étouffante, avec de gros orages sans doute. Je vais avoir beaucoup de visites d'adhérents Rouge Beauté, à suivre...

Rosemarie Martin

vendredi 7 janvier 2011

Décembre à Sainte Marie



J'ai passé les fêtes de fin d’année à Sainte Marie dans la chaleur, avec les moustiques mais aussi avec « Petit papa Noël » comme musique de fond, entre autres… J’ai partagé mon temps depuis un mois entre Ambatoroa, lieu d’implantation de notre micro-école, dans le nord de Sainte Marie et Ambodifotatra, la ville principale de l’île plus au sud.

À Ambatoroa, j’ai eu la bonne surprise de retrouver Lorencine transformée, elle semblait rajeunie de dix ans, mais qu’avait-elle changé ? Devant ma surprise, tout le monde riait, en fait, elle m’a expliqué : «Nandeha ianao talata taminy avril, alarobia…» (tu es partie mardi en avril, mercredi…). Donc, dès le lendemain de mon départ, elle est allée se faire prendre les empreintes pour de nouvelles dents grâce à l’argent de son artisanat. Ça m’a vraiment fait plaisir de voir ce résultat concret de Rouge Beauté.

Toutefois, il faut garder les pieds sur terre, Ambatoroa, est vraiment difficile d’accès et pour multiplier les ventes, j’essaie de trouver des solutions dans la partie la plus touristique de l’île, le Sud.


Ambodifotatra : Le bazar des associations a été repoussé à je ne sais quand… pour cause d’inauguration du nouveau lycée qui tombait le même jour. Voilà, une fois de plus, un projet qui a beaucoup de chance de ne pas voir le jour, c’est un peu décourageant ! Du coup, je suis en train de mettre toute mon énergie pour une action pérenne, la création d’une Maison des artisanes, à Sainte Marie. Le Directeur de la population est partant, il a déjà une idée quant à son emplacement mais je sais que si ça marche, cela ne se fera pas en un jour…


En attendant, j’ai trouvé,  pour la période des fêtes, un espace de vente, en ville, dans un lieu qui abrite, Quad Sainte Marie, une entreprise touristique qui organise des balades découvertes en quad. Les responsables de cette entreprise m’ont proposé d’investir gratuitement ce lieu, bien situé, avec les produits artisanaux (photos ci-contre).

Ça s’est très bien passé : en plus des gains indéniables, sans être mirobolants, cela à permis aux femmes d’Ambatoroa de se faire connaître.



La semaine prochaine, je serai à Fianarantsoa jusqu'au 9 février.


A bientôt

Rosemarie Martin

lundi 6 décembre 2010

De retour de Mahajanga

Comme vous l'avez appris précédemment, à Majunga, il y a deux groupes, un dans un petit village de pêcheurs, au nord de la ville, à Belinta, l’autre en centre ville dans le quartier de Majunga be. Alors que le premier groupe se recentre sur une production « nature », l’autre s’oriente sensiblement vers une production « couture ». 


Pour les deux groupes, Rouge beauté vient de faire fabriquer deux autre métiers à tisser réalisés, comme les précédents, par le menuisier de Belinta. Ceux-ci sont beaucoup plus grands que les premiers permettant, ainsi, la création de tapis de raphia tissé.

Belinta : nous avons rencontré quelques problèmes relationnels dans l’équipe, si bien que les ateliers ne se font plus chez la présidente de l’association mais sur des nattes, dehors, au cœur du village. Les femmes ayant des difficultés à suivre le niveau technique de l’artisane-relais, nous sommes repartis sur une production plus basique de corbeilles et plateaux à base de Satrana (sorte de fibre naturelle) et de cuir ainsi que de tapis et sets de table en raphia tissé.
Nous avons trouvé un petit débouché commercial supplémentaire dans une petite baraque, très, très sommaire, qui vient de s’ouvrir à Petite Plage, village touristique tout proche de Belinta.

Majunga Be : la micro-école/boutique est située dans les locaux de l’Apostolat de la mer, à proximité du Bazar Be où un commerçant nous propose de prendre des objets Rouge Beauté  en dépôt.
Le groupe est très fort en tissage, couture, transformation, de ce fait, les produits sont beaucoup plus élaborés. Ont été réalisés jusqu’ici, beaucoup de sacs en tout genre, étuis divers, porte-documents, pochettes... Les chapeaux viennent de faire leur apparition puis vont venir les tapis avec le nouveau métier à tisser.

À mon retour, à la mi-février, nous allons mettre l’accent sur la teinture à base de produits naturels. Certains de ces produits, notamment les champignons de forêt d’eucalyptus ne sortent qu’à la saisons des pluies : janvier, février, mars.

Je pars mercredi pour Sainte Marie mais, depuis hier, je suis à Antananarivo. Demain, je vais acheter du cuir de récupération, à Analakely, marché du centre ville puis aller voir une tannerie à 5, 6 Km en banlieue. Malgré le nombre très important de zébus abattus, les tanneries sont rares et le cuir difficile à trouver.

En ce moment se tient le marché de Léon à Nantes où Rouge Beauté est représenté, toute l'équipe y travaille.

Rosemarie Martin








vendredi 5 novembre 2010

Haute Matsiatra, octobre 2010


La session dans la région de Haute Matsiatra vient de se terminer. Pour l’instant, il n’y a pas de micro-école à Fianarantsoa. Dans le cadre de la convention signée avec la Région, Rouge Beauté anime des séances ou des stages de formations auprès d' Associations d’artisanes. Je travaille avec 7 groupes : à Fianarantsoa, le soga, le sisal et le tressage du jonc (ravindahasa), à Ambalavao, la soie, à Anja, la broderie et la couture, à Mahasoabe, le sisal et le ravindahasa. Cette fois-ci, nous avons mis l’accent sur le naturel, matériaux et couleurs, les photos, ci-jointes en témoignent.


Comme je l’expliquais dans le message du 1er juinLe mois de mai à Fianarantsoa, une micro-école serait quand même indispensable pour recentrer l’action de Rouge Beauté, donner une visibilité à l’artisanat régional et développer le marché localLa petite boutique dans la ville haute n’a pas fonctionné en raison de problèmes de gestion touristique dans cette partie-là de la ville. Après diverses réunions avec les partenaires locaux, un nouvel emplacement, bien situé, serait envisageable dans la ville basse, le projet est à l’étude.

À bientôt à Majunga




vendredi 8 octobre 2010

De retour de Saint Marie


Chers amis,

J’étais à Ambatoroa, du 15 septembre au 5 octobre, mis à part les rats, avec lesquels j’ai eu beaucoup de mal cette fois-ci, le séjour s’est bien passé. Le groupe fonctionne bien maintenant, en effet, de petits problèmes de jalousie avaient ralenti l’activité pendant trois mois.
La boutique est terminée, seule l’enseigne n’est pas encore faite. Les comptes sont tenus minutieusement par Philomène. La production évolue. Malgré le peu de touristes qui passe sur cette piste, les ventes sont quasiment journalières, petites mais régulières. Les contacts pris avec des structures touristiques, lors de mon dernier séjour, portent leurs fruits, les abat-jour, notamment, ont beaucoup de succès auprès des hôtels-restaurants qui en ont achetés plus d’une vingtaine. J’en ai livrés moi-même, ci-joint une photos prise dans le taxi-brousse, bondé, comme il se doit.






Le second objectif de Rouge Beauté, après le développement de la créativité, étant d’accroissement du marché local pour la production locale, c’est dans ce cadre que j’ai rencontré, lors de ce séjour, par deux fois, Monsieur Bimba de la Direction de la population et des affaires sociales. Avec lui, et Madame Julienne de l’Union de toutes les femmes malgaches sur l’île de Sainte Marie, nous organisons un Bazar des Associations les 18-19 décembre 2010, à Ambodifotatra, chef-lieu de l‘île. J’ai donc pris contact avec d’autres associations, l’une d’entre-elles, Ezaka qui fait de la couture, pourrait s’associer à Mena-Tsara (Rouge beauté) d’Ambatoroa car elles ont des compétences complémentaires, des prototypes, en co-production, sont en cours de réalisation, nous ferons le point en décembre.



Le second objectif de Rouge Beauté, après le développement de la créativité, étant d’accroissement du marché local pour la production locale, c’est dans ce cadre que j’ai rencontré, lors de ce séjour, par deux fois, Monsieur Bimba de la Direction de la population et des affaires sociales. Avec lui, et Madame Julienne de l’Union de toutes les femmes malgaches sur l’île de Sainte Marie, nous organisons un Bazar des Associations les 18-19 décembre 2010, à Ambodifotatra, chef-lieu de l‘île. J’ai donc pris contact avec d’autres associations, l’une d’entre-elles, Ezaka qui fait de la couture, pourrait s’associer à Mena-Tsara (Rouge beauté) d’Ambatoroa car elles ont des compétences complémentaires, des prototypes, en co-production, sont en cours de réalisation, nous ferons le point en décembre.



Le Ministère de la Direction de la population et des Affaires sociales
organise, fin novembre, une autre manifestation : la fête des récoltes à Sionerana-Ivongo, en face, sur la grande terre. Un stand de vente est offert gratuitement au groupe Mena Tsara d’Ambatoroa. Rouge Beauté prend en charge les frais de déplacement et l’hébergement de l’artisane qui représentera le groupe. Ce sera, pour elle, l’occasion de rencontrer d’autres artisanes et de découvrir d’autres pratiques qu’elle pourra partager avec les autres à son retour à Ambatoroa.


Je  pars à Fianarantsoa, demain, pour un mois. En novembre je serai à Majunga.

À bientôt
Rosemarie Martin     

mardi 14 septembre 2010

L'aventure continue

Chers amis,




Me voilà de retour à Madagascar, depuis le 6 septembre, j'ai débuté mon séjour par un petit tour à Majunga, nous avions procédé à l'inauguration de la micro-école juste avant mon départ, en juin, et comme je ne pourrai y retourner qu'en novembre, je voulais m'assurer que le projet était bien établi. J'ai été agréablement surprise, il y a de nouvelles créations, Robin, l'artisane-relais qui forme les groupes en mon absence, fait un travail remarquable, elle est aussi pédagogue que créative.

Je pars demain pour Sainte-Marie... à suivre...

Rosemarie Martin

samedi 28 août 2010

samedi 26 juin 2010

Majunga, la micro-école Rouge Beauté


Chers Amis,

Voilà, nous avons inauguré la micro-école Rouge Beauté de Majunga jeudi dernier, le 24 juin. Elle se situe dans le bâtiment du Foyer des Marins, dans le quartier de Majunga Be, dernière rue à gauche avant d’arriver au Port Be, en partant du Bazar Be. En général, il n’y a pas de nom de rue et quand il y en a, personne ne les connaît, autre indication : c’est en face du Fitness. Si vous passez par là : mandroso, entrez !




Ce lieu, de 40 m2, abrite donc un atelier qui fonctionne tous les jours librement avec un encadrement pédagogique trois après-midi par semaine. Il permet aux groupes de Belinta et de Majunga-ville d’échanger leurs pratiques puisque c’est une des artisanes de Belinta, que j’ai formée et qui est en contact régulier avec moi, qui assure le suivi. Rouge Beauté a financé, en plus des travaux de rénovation, l’achat d’une machine à coudre et de deux métiers à tisser plus performants.


Comme je vous le disais, les femmes ont crée de beaux modèles, maintenant, il faut vendre et la conjoncture n’est pas des meilleurs. Nous avons aménagé un coin de la micro-école en espace boutique. Dans ce lieu, sont regroupés pour la vente les produits des deux groupes. Une des artisanes, va se charger de la diffusion locale en vendant sur place mais aussi en déposant des produits dans différents commerces de Majunga et en démarchant auprès des structures touristiques locales.


Les artisanes ont décidé que 10% des gains iraient à la vendeuse et 40% à l’achat de matériaux.


L'évaluation financière des objets fait partie de la formation Rouge Beauté, une grille a été déterminée avec le groupe, elle est basée sur l’évaluation et la rémunération du temps de travail, l’achat des matériaux de base, plus un bonus pour la créativité et la finition.


Je reviens en France pour deux mois, il faut trouver des budgets… En septembre, je serai à Ambatoroa, à Sainte Marie, la construction de la petite boutique est maintenant terminée.

A bientôt pour la suite.

Rosemarie Martin


jeudi 10 juin 2010

Majunga

Chers adhérents, amis et autres visiteurs,

Je suis en ce moment à Majunga, nous mettons toute notre énergie dans l'aménagement de l'atelier-boutique dans le bâtiment du Foyer des Marins à Majunga Be. Bientôt l'inauguration...
Les productions des artisanes sont vraiment très bonnes, des photos pour bientôt...

Rosemarie

mardi 1 juin 2010

Le mois de mai à Fianarantsoa

Chers adhérents, amis et visiteurs,

J’ai plus particulièrement travaillé, durant ce mois de mai, avec l’Association Ampelasoa, qui fait de la couture en utilisant exclusivement le Soga*, le groupe d’artisans handicapés, Madre Terese, qui transforme et assemble des matériaux tels que des nattes en ravindahasa* et du gony* et le groupe de Mahasoabe qui fait de la vannerie. Je suis également allée deux jours à Ambalavao, voir une association de tisseuses de soie pour mettre en place, avec elles, un programme de développement créatif.

J’ai, bien sûr, gardé le contact et reçu, à la demande, les participantes des formations de févier 2010 qui appartiennent à diverses associations régionales.

Si la professionnalisation de la plupart des femmes artisanes de ces associations n’est pas encore effective, néanmoins, la progression est évidente en ce qui concerne le premier objectif Rouge Beauté qui est la diversité de la production par la créativité (Cf. diaporama : Réalisations Rouge Beauté).


Pour le second objectif qui est le développement du commerce local, il y a encore beaucoup de travail à accomplir même si les partenaires locaux, prennent conscience que c’est, aussi, à eux d’intervenir pour qu’il y ait des points de vente écoulant la production régionale. Pour l’instant, les quatre principaux magasins d’artisanat de Fianarantsoa, je pense en avoir déjà fait mention, ne vendent que très peu de produits locaux, la plupart de leurs produits provenant de grossistes d’Antananarivo.


Pour commencer, nous allons ouvrir une petite, jolie, boutique dans la ville haute, Ambony Tanana, quartier de la vieille ville donc très touristique. Ce sera une boutique gérée par l’Association Ampelasoa, associée à Rouge Beauté, donc ouverte à la production de toutes les associations qui travaillent avec Rouge Beauté.




Le prochain Conseil d’Administration aura lieu, à Nantes, le 5 juin 2010 et la prochaine assemblée générale se déroulera début septembre. Je vais passer le mois de juin à Mahajanga avant de venir pour deux mois en France, juillet et août.

*Soga : toile écrue, peu chère, il en existe de différentes qualités.

* Ravindahasa : jonc, il y en a beaucoup : ny forona, ny zozora, ny vinda, ny orefo, ny panja… aux propriétés diverses.

*gony : bâche plastique tissée aux nombreuses utilisations, emballage, protège matelas, bâche de chantier, confection de sac de riz ou autres marchandises…


Rosemarie Martin

mardi 27 avril 2010

Avril à Ambatoroa, Sainte Marie

Chers adhérents, amis et autres visiteurs,
Bonne surprise en arrivant à Ambatoroa, une pancarte annonçant l’association, Mena Tsara (« Rouge Beauté » en malgache, c’est le nom que les femmes d’Ambatoroa ont choisi) est plantée devant l’Hôtel Restaurant, Chez Antoine, siège et point de vente de Rouge Beauté.


J’ai rencontré toute l’équipe dès mon arrivée à Ambatoroa. Nous avons fait le point sur les objets réalisés en mon absence, il y a beaucoup d’inventivité de la part de certaines. Ensuite, j’ai montré les réalisations des autres sites, Fianarantsoa et Majunga, ces séances donnent toujours lieu à beaucoup de commentaires et réflexion de la part des artisanes, c’est très intéressant, pour moi, de voir les femmes discuter et se questionner, avec beaucoup de concentration et d’animation, sur les techniques, les formes utilisées et l’inventivité des autres groupes.

Les comptes sont très bien tenus par Philomène, dans un cahier rempli depuis le début du projet. Ici, les femmes mettent 20% de côté pour le groupe, cet argent sert à des achats collectifs mais aussi de caisse de solidarité. L’argent gagné par les artisanes est encore loin de les faire vivre même si pour certaines, il s’agit d’un apport important, 60000 Ariary par mois, sachant qu’elles ne passent pas leurs journées à faire de l’artisanat, il y a le travail au champ et, bien sûr, les enfants et le travail ménager. Puis, à partir de leurs réalisations, nous avons réfléchi aux améliorations à apporter pour certains objets et à la création de nouveaux modèles.

Les objets finis sont donc présentés, dans le bar, très sombre, Chez Antoine, ils ne sont pas très visibles par les touristes qui passent. Nous avons décidé de construire un bungalow atelier-boutique, Rouge Beauté (Mena Tsara), à côté du restaurant d’Antoine et orienté vers la route. Christophe Cesbron et Franck Coutant, en visite à Madagascar, et auxquels j’ai exposé l’idée l’ont tout de suite approuvée en faisant un don conséquent. Vraiment, merci à eux deux !

Patricia Solini, qui m’a rendu visite également au mois de juin, a mis son savoir faire au service de l’Association en réalisant un superbe accrochage de la nouvelle production d’objets dans le bar d’Antoine, merci encore !

Comme vous pouvez le constater sur le petit diaporama, les femmes d’Ambatoroa ont fait preuve d’une grande créativité, la production, intensive pendant mon séjour, est très diversifiée. J’espère qu’elles vont continuer sur cette lancée.

Le jour de mon départ, nous avons procédé au baptême du
chantier, qui avance très vite, par une cérémonie qui s’appelle « Le bouquet », il s’agit donc de baptiser (au soda) un bouquet posé sur le faîtage du toit de la maison en construction, la cérémonie s’est bien passée.

Si le premier objectif de Rouge Beauté est de développer la créativité, le second est de développer le marché local, c’est pour cela que nous essayons d’implanter, sur chaque site, des boutiques ateliers. Le problème c’est que la plupart des magasins d’artisanat, pour ne pas dire tous, aussi bien à Fianarantsoa qu’à Majunga et Sainte Marie ne se ravitaillent que chez les grossistes d’Antananarivo, ou de Tamatave pour Sainte Marie. J’essaie donc de sensibiliser les partenaires locaux, j’ai rencontré le Chef de la Population de Sainte Marie, qui dépend directement du Ministère de la Population, il est tout à fait convaincu du problème, nous allons nous revoir en septembre afin de mettre en place une stratégie pour faire découvrir et apprécier la production artisanale locale aux acteurs commerciaux de Sainte Marie.
Sinon, j’ai rencontré une jeune décoratrice, la seule à Sainte Marie, je crois. Je lui ai présenté le travail du groupe d’Ambatoroa, elle a acheté 8 abat-jour, maintenant que le contact est établi, je pense que cette collaboration va pouvoir continuer.
A bientôt à Fianarantsoa
Rosemarie Martin