Rouge Beauté œuvre pour le développement de micros-écoles d’arts appliqués à la production artisanale locale réalisée par les femmes à Madagascar. L’Association a choisi comme sites d’activité trois régions : la Haute Matsiatra, la Boeny et l’Analanjirofo pour y dispenser une formation artistique afin de développer la créativité. Son but est de mettre en valeur et de diversifier sensiblement la production artisanale locale afin d’en accroître la diffusion. Rouge Beauté vise l’autonomie financière de ces femmes qui peuvent maintenant produire, dans la durabilité, un artisanat créatif et original au sein de structures légères.

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samedi 19 octobre 2013

D'Ouest en Est

Vendredi 18 octobre 2013


Je suis à Tana, en partance pour un séjour de deux semaines à Sainte Marie. Bizarrement, alors que les élections approchent, c’est pour le 25 de ce mois, les rues me semblent plus sûres, je ne sens plus les regards des voleurs qui en un clin d’œil évaluent la potentialité d’un vol imminent sur ma personne. Alors que je m’étonnais de cette situation, on m’a dit à la réception de l’hôtel où je loge, qu’il y avait beaucoup plus d’argent à se faire avec la manne de la propagande électorale, il y a plusieurs meetings chaque jour.

J’ai laissé Rouge Beauté, à Mahajanga, avec un peu de regret alors que nous avons un beau local et tant de choses à organiser avec la nouvelle coopérative d’achat. La peinture est terminée, l’installation électrique est faite, mais il manque encore le compteur et c’est la croix et la bannière pour en obtenir un, en fait, il n’y en a pas en stock, il faut attendre un désabonnement. Attendre, toujours attendre… j’ai beaucoup de mal à m’y faire et c’est pourtant une pratique quotidienne et généralisée pour un grand nombre de démarches.

Hier, j’ai déjeuné avec Aurélie Razafinjato, à Antananarivo, une des initiatrices du projet Rouge Beauté, c’est toujours un plaisir de discuter avec cette femme intelligente, chaleureuse et efficace qui, depuis longtemps, se bat pour l’engagement des femmes dans la vie sociale et politique, au sein du VMLF dont elle est présidente nationale. Elle est très engagée auprès des artisanes de la région de Haute Matsiatra avec laquelle nous avons une convention.

À Tana, j’ai également rendu visite à l’association Zanaka, j’y passe, en général à chacun de mes voyages dans la capitale. Zanaka est une association de la région nantaise qui fait partie, comme Rouge Beauté, du Collectif Mada. Le collectif Mada regroupe des associations œuvrant pour Madagascar. L'objectif est de rendre plus efficaces et plus coordonnées les actions de ces associations menées tant en France qu'ici, à Madagascar.

À bientôt sur l’île de Sainte Marie

Rosemarie Martin

dimanche 6 octobre 2013

De l'espoir à l'horreur

6 octobre 2013



Me voici revenue donc à Madagascar depuis un mois, les artisanes de Mahajanga sont ravies de leur nouveau local même s’il reste encore beaucoup à faire.




Nous venons d’obtenir une aide locale de LPSA d’environs 2100€ pour la peinture qui est presque terminée maintenant, l’électricité et les moustiquaires.
L’installation des sanitaires, d’une urgence extrême, ainsi que les grilles de sécurité font partie, malheureusement, d’une autre demande de subvention… dont le dénouement est un peu compliqué pour l’instant. 


Même si nous avons l’impression d’être dans une coquille vide, sans équipement, le travail continue. 
Pour créer un peu d’émulation nous avons décidé d’organiser un concours, tous les mois, au sein de l’équipe. 
La semaine dernière, les "tresseuses" de raphia se sont mesurées sur la vitesse, la prochaine fois, la compétition portera sur la créativité. 
Ce petit exercice m’a, également, permis de mieux mesurer les temps de production, en effet, les femmes travaillant chez elle, sur leur temps libre entre l’entretien de la maison, les soins aux enfants et la préparation des repas, il leur est difficile de bien évaluer la durée de leur travail artisanal et donc d’en estimer le coût.


Les cours de français continuent.



La semaine dernière, j’ai fait un déplacement de 4 jours dans la région de Mitsinjo, un voyage bien éprouvant mais riche d’enseignement. Mitsinjo est située au sud de Mahajanga, de l’autre côté du fleuve, la Betsiboka, à 80 Kms, c’est-à-dire, 3 heures de piste. 
Emmanuel Terree, grâce auquel Rouge Beauté a obtenu une subvention de la Fondation Total, et son épouse Danielle, venus nous rendre visite, étaient du voyage.
Dans les différents villages (très isolés, accessibles en charrette à zébus ou à moto…), j’ai donc pu discuter avec les femmes des diverses associations qui veulent intégrer Rouge Beauté et qui sont en grande demande de formation.

L'idée pour l’Association locale, Asity, avec qui j’ai organisé ces visites c’est de ne pas dilapider les ressources naturelles telles que le raphia en proposant aux femmes de le transformer afin d’obtenir des revenus plus conséquents. L’idée est belle et simple sur le papier, mais sur le terrain, il est évident qu’il y a encore beaucoup, beaucoup à faire avant que les femmes arrivent à vivre de leur production artisanale.
 suis passée pas loin du découragement durant ce périple, mais nous ferons vraiment tout notre possible pour que le projet fonctionne pour ces femmes. Le prochain rendez-vous est prévu pour la mi-novembre à Mahajanga, deux femmes de chaque association, donc une douzaine, vont venir en formation à Rouge Beauté.

L’horreur s’est passée sur l’île de Nocy Be, la foule a lynché et brûlé, 3 personnes, les mouvements de foules sont implacables et incontrôlables, ils suivent les rumeurs... C'est monstrueux pour ces personnes qui se sont faites lyncher. Ce n’est pas la première fois que la foule applique la justice populaire, on peut lire, régulièrement dans la presse, ce genre d’exaction. Il y a quelques années, dans un village où je travaille régulièrement, deux personnes, dont une avait abattu un épicier, ont été lynchées par la population villageoise, battues à mort pendant deux jours. Je n’ai jamais demandé qui avait participé à ce lynchage mais il y a certainement des gens avec lesquels j’ai des relations amicales. Quand j’ai exprimé mon horreur, on m’a répondu : « Mais que veux-tu qu’on fasse, sinon, ils payent et s’en sortent comme ça ». Les mots me manquent pour qualifier ce problème de justice, mais je ne peux m’empêcher de penser au calvaire et à l’épouvante de ces victimes livrées à une foule haineuse et incontrôlable et je ne peux pas m’empêcher de penser à l’impact psychologique sur les personnes participant à ces lynchages, sur les enfants qui étaient là… vivre avec cet acte en soi, l’assouvissement de cette haine meurtrière collective… Peut-on continuer à vivre normalement ?

Rosemarie Martin

mardi 25 juin 2013

Mahajanga, fin de la première tranche du chantier.



Voilà, je suis sur le départ pour deux mois en France après cette quatrième année de projet.

 Ce soir, c’est la veille de l’anniversaire de l’Indépendance, tout Madagascar est en fête. J’avais prévu de partir de bonne heure pour l’aéroport, bien m’en a pris, dans tous les quartiers de la ville, la foule est dans la rue, la plupart des enfants portent des lampions ou « des épées ou baguettes magiques chinoises », c’est très beau, et très gai, un grand sourire en cette période de crise.

Je pars au lendemain de notre déménagement, en effet, nous venons tout juste de réintégrer nos locaux agrandis. Enfin, les travaux ne sont pas encore terminés, seule la première tranche l’est.  Pour une meilleure luminosité et protéger les parpaings, nous avons tout badigeonné à la chaux, le budget pour la peinture arrivera plus tard. Nous attendons des fonds, également, pour installer l’électricité, les cadres moustiquaires, les sanitaires, les grilles de sécurité et tout l’équipement,   machines à coudre, outillage… Lorsque tout cela sera installé, nous mettrons en place tout un programme de formation intense, Malgache, Français, informatique, chapellerie, tissage, broderie, crochet… Deux nouvelles recrues sont arrivées dans l’équipe qui est passée à 24 membres. À la rentrée de septembre, nous lancerons une information à la télé et à la radio, nos nouveaux locaux nous permettent de recevoir un plus grand nombre d’artisanes. 
La coopérative d’achat se met en place, peu à peu.

Comme je l’abordais dans le dernier message, nous sommes en train de créer un partenariat avec l’Association Asity et des Associations de femmes du District de Mitsinjo, une contrée de la région de Boeny à une centaine de kilomètres au sud de Mahajanga.  Pour l’instant, nous avons négocié, un contrat pour l’achat du raphia auprès des producteurs et Robine, l’artisane-relais Rouge Beauté, est allée donner des formations techniques aux femmes. En septembre, je me rendrai à Mitsinjo pour offrir une formation design car il y a des associations qui souhaitent intégrer Rouge Beauté. Ensuite, Robine et moi irons de temps en temps et les femmes viendront, par deux ou trois, chaque mois, sauf en saison des pluies, pour se former chez nous et apporter leurs objets à vendre sur notre site.

Vendredi 28 juin 2013, une soirée est organisée 22, rue Henri Lamour à Rezé pour une présentation informelle de l’avancée du projet, des objets artisanaux Rouge Beauté y seront présentés.

L’Assemblée Générale se tiendra, à la même adresse à 19h, le vendredi 30 août 2013, elle sera suivie d’une soirée de soutien à l’Association.

À bientôt sur la page rouge.


Rosemarie Martin

jeudi 23 mai 2013

Fianarantsoa, Sainte Marie et retour à Mahajanga


Je suis allée à Fianarantsoa, fin mars, début avril, nous avons renouvelé la Convention de Partenariat avec la Région de Haute Matsiatra dans le but, en ce qui concerne l’artisanat des femmes, de « faciliter la transformation du secteur rural isolé en un secteur productif, professionnel, compétitif et intégré dans le marché ». Les parties prenantes de cette convention sont donc Rouge Beauté et la Direction de Développement Régionale de la Région de Haute Matsiatra mais aussi la Direction Régionale de l’Artisanat et le CEDII (centre de formation et d’information). Mon travail, auprès d’Associations de femmes artisanes, souvent situées  des villages reculés, consiste surtout à apporter une ouverture culturelle, faire naître de nouveaux modèles, de nouveaux produits, faire prendre conscience de l’importance d’une qualité impeccable et, avec les partenaires locaux, réfléchir à de nouveaux débouchés commerciaux pour ces productions. À chacun de mes passages, à raison de deux fois quinze jours par ans, je travaille avec 5 ou 6 associations que vous connaissez déjà pour la plupart (Cf. les messages précédents).



Dans la foulée, je me suis rendue à Sainte Marie, je vous passe les éternels problèmes de taxi-brousse, cette fois-ci, une lame de suspension, frottant sur un pneu, l’a fait éclater…
Avant de monter à Ambatoroa, sur le site de Rouge Beauté, j’ai rendu visite à Madame Julienne, présidente de l’Association des femmes de Madagascar à Sainte Marie, la FI.A.MA, qui m’a annoncé que le 8 mars 2014, l’île célèbrera la Journée de la Femme à Ambatoroa. Les artisanes Rouge Beauté auront la responsabilité de participer à l’organisation de cet événement et ce sera l’occasion, pour elles, de présenter et de vendre leurs productions. J’ai également rencontré La Directrice Régionale du Tourisme et de l’Artisanat, nous avons encore parlé du fait que l’artisanat vendu aux touristes, sur l’île, ne soit pas d’origine locale, c’est un frein pour le développement de l’artisanat saint marien. L’idée d’une Maison des Artisans est toujours dans l’air.
À Ambatoroa, les artisanes continuent leur production. Elles ont produit un nouveau modèle en Nous avons reçu la visite d’une adhérente, enchantée de sa visite.
L’île a encore vécu un drame, un naufrage a eu lieu le lundi 29 avril, une embarcation qui fait la navette entre Sainte Marie et Tamatave. La Rozina 5, avait à son bord une vingtaine de personnes, deux, d’entre elles, n’ont pas pu être secourues, deux Saint Mariens.
Le palu continue son macabre travail sur l’Île, un enfant de 5 ans, en est encore mort à Ambatoroa ces jours-ci. 

Depuis le 5 mai, je suis de retour à Mahajanga, le chantier avance bien, nous en sommes à la charpente de la partie atelier. Nous attendons avec impatience notre déménagement car depuis décembre, nous sommes confinées dans un tout petit local.
Le mois d’avril a été très bon, pour la production et la vente, début mai également, depuis le 15, ça se calme. Robine est repartie à Mitsinjo, pour rencontrer un producteur de raphia auquel nous l’achèterons directement. Ce raphia sera produit et teinté dans le respect de la nature sous le chapeautage de l’association ASITY qui œuvre pour la protection de la nature dans cette région.


En ce moment, actualité oblige, nous sommes, avec tous les artisans labellisés de Mahajanga sur un stand de vente pour la fête des mères, au centre ville à côté de la Croix-Rouge. Cet événement se nomme : « Tsisy Kara mama », maman incomparable.
Les 7 et 8 juin, nous sommes conviés à la Célébration Régionale de la Journée Mondiale de l’Artisanat, qui se tiendra à la maison de la Culture de Mahajanga.

Voilà les nouvelles en ce joli mois de mai.

À bientôt

Rosemarie Martin




vendredi 29 mars 2013

Le chantier, pour la création de la coopérative d'achat, la salle de formation et l'agrandissement de la boutique, continu à Mahajanga




Aujourd’hui, c’était jour férié à Madagascar, jour de commémoration : le 29 mars 1947 débutait l’insurrection malgache. Cet événement est souvent considéré comme l’un des signes avant-coureurs de la décolonisation en Afrique francophone.

Ce soulèvement fut suivi d’une terrible répression conduite par l’armée française qui fit plusieurs milliers de morts. Le nombre des victimes, dont de nombreuses femmes et enfants, fait encore débat parmi les historiens, il varie de 11000 à 100000, voire plus.

Je suis à Antananarivo depuis hier. Quand j’ai quitté le chantier d’agrandissement de notre local à Mahajanga, les menuisiers et les maçons étaient en pleine bisbille. Pour les uns, les linteaux n’étaient pas droits, pour les autres, les portes et fenêtres n’étaient pas aux bonnes mesures, enfin, tout cela va finir par s’arranger, je ne m’en fais pas trop.
Il est prévu deux charpentes différentes, une, au-dessus de l’espace de stockage, en bois carrés qui supportera des tôles et du satrana (feuille de palmier), l’autre en bois ronds sur toute la partie droite de la bâtisse qui, elle, ne sera recouverte que de satrana.
La charpente en bois carrée est terminée, mais n’est pas entièrement installée.
Le plancher est prêt, mais seules les pannes sont posées.
La partie maçonnerie n’est, cependant, pas tout à fait terminée car il reste deux poteaux et la dalle à couler. C’est un peu long à cause de la saison des pluies, le ciment a eu du mal à sécher, c’était prévisible, heureusement que cette année, la météo a été clémente sur Mahajanga. Nous avons eu beaucoup de chance quant aux cyclones contrairement aux nombreux sinistrés de la région de Tuléar.

Robine, l’artisane-relais de Rouge Beauté à Mahajanga revient tout juste de Mitsinjo, pour discuter, ainsi que d’autres artisans du Label Angaya, avec l’Association de protection de la nature, Asity, présente dans cette zone de la province. Nous sommes en train de mettre en place une sorte de convention pour leur acheter du raphia, en gros, du naturel et du coloré, collecté et teinté dans le respect de la nature. Bien sûr, ce ne sont pas les artisans qui sont à l’origine de la déforestation mais les palétuviers font, maintenant, partie, des essences protégées. Précédemment, nous achetions leur écorce pour teinter le raphia, nous pourrions encore le faire car les règles sont bien peu respectées mais nous ne tenons pas à participer au pillage, il faut le dire, assez systématique,  de la nature.

Question production et commerce, cette saison a été meilleure que l’an passé. Il nous tarde de déménager dans nos locaux agrandis et de mettre en place notre coopérative d’achat et un nouveau programme de formations.
Laingo a crée un nouveau modèle de chapeau pour homme, femme et enfant.

Ce matin, j’ai parlé, au téléphone, avec Philomène, l’artisane-relais de Sainte Marie, cette fois-ci, je ne pense pas avoir de mauvaises surprises lors de ma prochaine visite à la fin du mois d’avril, la production est bien repartie. 

Dimanche ou lundi, je pars à Fianarantsoa, à suivre...

Rosemarie Martin


mercredi 16 janvier 2013

Fin 2012, début 2013






Au mois de décembre, j’ai passé, une quinzaine de jours, à Sainte Marie. Côté taxi-brousse, toujours les mêmes frayeurs (Cf. message d’avril 2012), à l’aller nous avons carrément perdu la plaque-moteur, nous ne l’avons su que lorsque, le moteur fut au plus bas, au sens littéral du terme. Nous avons donc dû attendre un autre véhicule, guère plus fringant. Au retour, j’ai bien cru que les arceaux à l’arrière du pick-up allaient s’écraser sur nous, sous la surcharge, il faut dire que nous étions 24 personnes dans le véhicule dont quatre sur le toit, plus les marchandises. Les arceaux pliaient dangereusement sur la droite, le véhicule aussi, la piste était étroite, nous avons éraflé deux arbres au bord du précipice, j’ai bien cru que ma dernière heure était arrivée. C’est vraiment sur cette piste de Sainte Marie que j’éprouve les plus grandes craintes en taxi-brousse.



Sinon, côté boulot, à Ambatoroa, il y a eu quelques problèmes, Philomène, la responsable du groupe a cassé son téléphone cet été, elle n’a pas osé en racheter un autre avec la caisse commune, le groupe a donc perdu, pendant quelques mois, tous ses marchés car injoignable, heureusement, cela s’est arrangé en fin d’année. Les femmes d’Ambatoroa ont eu un autre souci, la patronne du magasin Couleur Café, à laquelle les artisanes avaient confié de l’artisanat en dépôt, a fermé son magasin et quitté l’Île sans crier gare et surtout sans payer la marchandise. Tout cela, on le comprend, avait un peu découragé l’équipe après un printemps mirobolant, du coup, la production s’en est ressentie, c’est une boutique bien tristounette que j’ai trouvée en arrivant. 
Maintenant, le moral est revenu et la production est repartie avec quelques belles commandes au sud de l’Île, de l’Hôtel Soanambo, une cinquantaine de pochettes sandrify, des demandes de sacs et de sandrify pour une autre boutique à Ambodifotatra et, Madame Joëlle, de l’Hôtel Lakana, ne nous oublie pas non plus.





À l’occasion de ce séjour, je suis allée à Ambohitra, au centre de Sainte Marie, rendre visite aux femmes artisanes de Nosy Mitarika, une association qui fait partie, comme Rouge Beauté, du collectif MADA Fitambarana, en France. Elles se sont rencontrées pour échanger avec Philomène, l’artisane-relais d’Ambatoroa. C’est bien de pouvoir se rendre service mutuellement.





En ce moment, 
c’est la récolte 
des noix de cajou, fruits de l’anacardier. Cette noix se développe à l’extrémité d’un pédoncule sorte de faux fruit, juteux et comestible appelé pomme de cajou. La noix, que vous connaissez sans doute, quant à elle, est grillée avant d’être consommée.


À Majunga, la structure Rouge Beauté n’a plus le même aspect depuis décembre car nous sommes en pleins travaux. Grâce à une subvention de 5000 € de la Fondation Total obtenue fin 2012 et le don de 500 € de Inner Weel, nous avons pu démarrer, comme prévu, le chantier pour la construction de la coopérative d’achat, l’agrandissement de l’espace expo-vente et l’aménagement d’une salle de cours. Les murs pour l'agrandissement du magasin sont montés, des ouvriers sont en train de monter les pignons, d'autres mettent en place les poutres pour le plancher.

En attendant, nous avons déménagé, provisoirement, dans un petit local à une trentaine de mètres de là.

Le mois de décembre a été productif, même pour les voleurs, j’ai été soulagée, en l’espace de quinze jours, de mon téléphone et de mon vélo, deux moyens de communication bien utiles…

Depuis le début du mois, nous sommes entrés dans la saison des pluies, l’activité commerciale va se réduire durant ce premier trimestre, mais nous allons peut-être participer à deux nouveaux salons solidaires, en France, au printemps. Nous en saurons plus la semaine prochaine…

À bientôt, très bonne année 2013 de la part de toutes les artisanes Rouge Beauté.


vendredi 9 novembre 2012

Piquage du riz, orages, production, vente, partenariat, projets...


En ce moment, c’est l’époque du piquage du riz sur les Hauts plateaux. Les petites parcelles, d’un vert fluo, sont, en fait, remplies de plants très serrés qui sont replantés, ensuite, de façon plus espacée dans de plus grandes parcelles.

J’arrive de Fianarantsoa, quinze jours d’orages, seulement météorologiques, je vous rassure. J’ai quand même pu me déplacer en brousse, à Mahasoabe, j’ai rencontré les deux associations, qui travaillent respectivement de sisal et le jonc. Je suis allée également dans le petit village d’Andranobevava à Tsaramandroso.

Les femmes travaillent toujours aussi bien, le problème, ce sont les débouchés, trop peu nombreux. Un espoir à l’horizon, Madame Bérénice, la responsable de la maison d’hôtes, La Case Madrigal, a flashé sur la production et a acheté de nombreux objets.
Les femmes d’Ampelasoa, installées à Fianarantsoa et qui font des bemiray (patchworks) depuis le printemps dernier, fabriquent des plaids et des tapis d’éveil, elles achètent des chutes de tissus au kilo, le problème, c’est qu’en fonction des commandes faites habituellement aux couturières, les chutes sont, dans l’ensemble, synthétiques.
Les artisanes Rouge Beauté utilisent en priorité des matières et techniques naturelles mais elles emploient également des produits de récupération, chutes de tissus donc, de cuir, bobines de fil...

Je suis toujours en contact avec Madame Simona Pierrette, Directrice du Développement de la Région Haute Matsiatra, nous sommes en train de rédiger une nouvelle convention. Vous savez que le projet de micro-école n’a pas pu se mettre en place dans cette région faute d’avoir trouvé un lieu adéquat avec nos partenaires, néanmoins, nous continuons à dispenser une formation auprès de quatre associations que je suis régulièrement depuis trois ans. À chacun de mes passages, la Région me sollicite pour que je rende visite, également, à deux ou trois autres groupes de femmes. Madame Simona aimerait que je travaille avec une association de femmes artisanes  d’Andranomiadyloha, qui s’est organisée pour créer un lieu de vente dans leur village situé sur la RN 7. Je leur ai proposé, en échange, qu’elles y vendent, également, la production des associations avec lesquelles je travaille et qui sont situées dans des communes très enclavées. Il faut se serrer les coudes.

Dimanche, je retourne sur Mahajanga. J’ai laissé le groupe, il y a une bonne quinzaine de jours, en pleine effervescence, dans la dernière ligne droite de la préparation, du salon Solidarissimo pesée, emballage, avec les autres artisans labellisés, Angaya, de Majunga. Ce Salon qui débute aujourd’hui, se poursuivra tout le week-end à Colmar. Si vous êtes dans le coin, allez-y, nous sommes sur le stand de Tourisme sans Frontière.
Autre bonne nouvelle à Mahajanga, le nouveau kiosque de l’Office du Tourisme, sur le front de mer, à été inauguré le 20 octobre, nous pouvons y mettre en expo-vente de petits objets.

A bientôt pour les nouvelles du projet d'agrandissement de la micro-école de Mahajanga.

lundi 13 août 2012

Focus sur Mahajanga


Je suis en France pour deux mois.

Focus sur Majunga et l’organisation de sa micro-école Rouge Beauté.






Mahajanga est une ville très cosmopolite. Il y a en moment, 22 artisanes inscrites à Rouge Beauté, ces femmes sont issues de 6 ethnies différentes, issues de différentes régions de Madagascar dont certaines sont très loin : les Merina à Antananarivo, les Betsileo à Fianarantsoa, les Betsirebaka à Manakara au sud-est du pays, les Tsihemety à Port Berger au nord centre, les Sakalava de la région de Mahajanga, bien sûr et même une Comorienne… Il y a beaucoup de va et vient, chaque ethnie se déplace ici faire un travail précis : les Betsileo de la région de Fianarantsoa cultivent la terre, les Antandroy, du sud de Tulear, conduisent les pousse-pousse et font la  vente ambulante de fruits en portant de grosses bassines sur la tête, les Sakalava pêchent et vendent le poisson... À l’occasion d’un événement familial, d’un mariage mais le plus souvent d’un enterrement, les gens retournent dans leur famille, il arrive souvent qu’ils ne reviennent pas, la plupart ont contracté des dettes pour partir et ne peuvent ni les rembourser, ni payer leur voyage de retour, sans compter que chacun vit dans le présent. Avec la crise, il y a des personnes qui quittent une région, tout simplement, parce qu’elles y ont trop de dettes, la crise ne fait qu’accentuer ce phénomène.

Organisation de la micro-école : Les femmes artisanes ne travaillent que l’après-midi, la matinée étant consacrée à la famille. Elles travaillent souvent chez elles (Rouge Beauté a équipé chaque artisane qui tisse le raphia d’un métier à tisser) mais, il y a deux après-midi obligatoires, à l’Association : le lundi et le vendredi.
Le lundi : chaque femme apporte sa production, c’est la discussion autour des nouvelles créations, le point sur la production à venir en fonction des savoir-faire et des ventes, répartition des gains, formation design, information sur les événements à venir…
Le vendredi : cours de langue, initiation à l’informatique.

Afin d’améliorer la production, nous encourageons vivement, celles qui le peuvent à venir travailler 2 ou 3 jours par semaine à l’Association. Il y a possibilité de faire la cuisine sur place.

Jusqu’ici, 30% des gains étaient mis de côté, 15% pour l’achat de matériaux, 15% pour la vendeuse. Mais compte tenu que la matière nécessaire à la confection d’un objet n’est pas la même pour tout le monde, cela pose des problèmes d’équitabilité, donc de jalousie.

 Nous projetons de créer une coopérative d’achat afin que les artisanes puissent se responsabiliser dans leurs investissements et acheter la matière première moins chère, sans subir la spéculation.Pour le raphia, nous mettons en place un système, genre AMAP, avec les autres artisans labellisés de Mahajanga.

 Depuis deux ans, nous avons conçu des outils de gestion et de contrôle :
Des fiches de produit qui permettent d’identifier et d’évaluer le coût de tout nouvel objet.
Le double étiquetage : une étiquette qui reste à la caisse pour le contrôle des comptes, une pour le client qui permet la traçabilité du produit.
Un cahier de caisse faisant apparaître les gains et les pourcentages.
Un cahier d’inventaire : à ce jour nous avons réalisé pas loin de 1000 objets.



J’ai eu récemment des nouvelles de Sainte Marie. La petite structure d’Ambatoroa fonctionne sur le même modèle que celle de Mahajanga, en plus modeste. Les femmes ont été très actives ces derniers mois avec les commandes de grands Hôtels, le Soanambo et Lakana. Un nouveau magasin d’artisanat, le Couleur café, s’est ouvert à Ambodifotatra. Contrairement aux autres boutiques qui vendent essentiellement des produits de grossistes, non fabriqués sur l’Île, le Couleur Café présente surtout des produits locaux, c’est le choix de Paola, la jeune patronne, qui a passé de nombreuses commandes au groupe Rouge Beauté.
Un petit bémol cependant, d’après deux voyageurs rencontrés il y a peu, la boutique d’Ambatoroa ne serait pas ouverte tous les jours… Cela devrait s’arranger après quelques conversations téléphoniques, c’est très important car même si les artisanes ont du travail en ce moment, cette boutique, c’est leur vitrine.

Je rentre à Madagascar le 4 septembre pour me rendre directement à Mahajanga, car il y a la ligne Angaya à préparer pour la présentation à Solidarissimo à Colmar avec tous les labellisés en novembre. Ce Salon est dédié au tourisme et à l’économie solidaire en partenariat avec Tourisme Sans Frontière.
Au programme également, pour cette rentrée une visite d’une quinzaine de jours à Fianarantsoa à la mi-octobre.


En attendant, l’Assemblée Générale, Rouge Beauté se tiendra le 1er septembre, à 19h, elle sera suivie d’une soirée de soutien à 20h, cette soirée est ouverte à toute personne intéressée par l’Association, il suffit de nous contacter pour obtenir les informations nécessaires.

Rosemarie Martin