

Rouge Beauté œuvre pour le développement de micros-écoles d’arts appliqués à la production artisanale locale réalisée par les femmes à Madagascar. L’Association a choisi comme sites d’activité trois régions : la Haute Matsiatra, la Boeny et l’Analanjirofo pour y dispenser une formation artistique afin de développer la créativité. Son but est de mettre en valeur et de diversifier sensiblement la production artisanale locale afin d’en accroître la diffusion. Rouge Beauté vise l’autonomie financière de ces femmes qui peuvent maintenant produire, dans la durabilité, un artisanat créatif et original au sein de structures légères.
Voilà, nous avons inauguré la micro-école Rouge Beauté de Majunga jeudi dernier, le 24 juin. Elle se situe dans le bâtiment du Foyer des Marins, dans le quartier de Majunga Be, dernière rue à gauche avant d’arriver au Port Be, en partant du Bazar Be. En général, il n’y a pas de nom de rue et quand il y en a, personne ne les connaît, autre indication : c’est en face du Fitness. Si vous passez par là : mandroso, entrez !
Comme je vous le disais, les femmes ont crée de beaux modèles, maintenant, il faut vendre et la conjoncture n’est pas des meilleurs. Nous avons aménagé un coin de la micro-école en espace boutique. Dans ce lieu, sont regroupés pour la vente les produits des deux groupes. Une des artisanes, va se charger de la diffusion locale en vendant sur place mais aussi en déposant des produits dans différents commerces de Majunga et en démarchant auprès des structures touristiques locales.
Les artisanes ont décidé que 10% des gains iraient à la vendeuse et 40% à l’achat de matériaux.
Je reviens en France pour deux mois, il faut trouver des budgets… En septembre, je serai à Ambatoroa, à Sainte Marie, la construction de la petite boutique est maintenant terminée.
A bientôt pour la suite.
Rosemarie Martin
Chers adhérents, amis et visiteurs,
J’ai plus particulièrement travaillé, durant ce mois de mai, avec l’Association Ampelasoa, qui fait de la couture en utilisant exclusivement le Soga*, le groupe d’artisans handicapés, Madre Terese, qui transforme et assemble des matériaux tels que des nattes en ravindahasa* et du gony* et le groupe de Mahasoabe qui fait de la vannerie. Je suis également allée deux jours à Ambalavao, voir une association de tisseuses de soie pour mettre en place, avec elles, un programme de développement créatif.
J’ai, bien sûr, gardé le contact et reçu, à la demande, les participantes des formations de févier 2010 qui appartiennent à diverses associations régionales.
Si la professionnalisation de la plupart des femmes artisanes de ces associations n’est pas encore effective, néanmoins, la progression est évidente en ce qui concerne le premier objectif Rouge Beauté qui est la diversité de la production par la créativité (Cf. diaporama : Réalisations Rouge Beauté).
Pour le second objectif qui est le développement du commerce local, il y a encore beaucoup de travail à accomplir même si les partenaires locaux, prennent conscience que c’est, aussi, à eux d’intervenir pour qu’il y ait des points de vente écoulant la production régionale. Pour l’instant, les quatre principaux magasins d’artisanat de Fianarantsoa, je pense en avoir déjà fait mention, ne vendent que très peu de produits locaux, la plupart de leurs produits provenant de grossistes d’Antananarivo.
Pour commencer, nous allons ouvrir une petite, jolie, boutique dans la ville haute, Ambony Tanana, quartier de la vieille ville donc très touristique. Ce sera une boutique gérée par l’Association Ampelasoa, associée à Rouge Beauté, donc ouverte à la production de toutes les associations qui travaillent avec Rouge Beauté.
Le prochain Conseil d’Administration aura lieu, à Nantes, le 5 juin 2010 et la prochaine assemblée générale se déroulera début septembre. Je vais passer le mois de juin à Mahajanga avant de venir pour deux mois en France, juillet et août.
*Soga : toile écrue, peu chère, il en existe de différentes qualités.
* Ravindahasa : jonc, il y en a beaucoup : ny forona, ny zozora, ny vinda, ny orefo, ny panja… aux propriétés diverses.
*gony : bâche plastique tissée aux nombreuses utilisations, emballage, protège matelas, bâche de chantier, confection de sac de riz ou autres marchandises…
Rosemarie Martin
Mon séjour à Majunga vient de se terminer. J’ai donc travaillé avec deux groupes l’un de la ville et l’autre de la périphérie, à Belinta, avec des femmes de la mer.
Le groupe des femmes de la ville ne va malheureusement pas pouvoir continuer à fonctionner car maintenant, la plupart d’entre elles travaillent, à la tâche, pour des magasins de tissus tenus par des commerçants Karany. Afin d’honorer de grosses commandes, les femmes travaillent parfois pendant vingt-quatre heures de suite. Chaque pièce faite est peu payée, mais le nombre fait que c’est quand même de l’argent qui rentre, c'est toujours ça. Le lendemain, elles sont trop fatiguées pour faire quoi que ce soit en dehors de s'occuper des enfants. Quand il y a de grosses commandes, le travail doit être fait rapidement, si une femme refuse une fois ou est en retard ou part plus tôt, on en prend une autre. C'est la dure réalité du marché du travail et Rouge Beauté ne peut, bien sûr, pas rivaliser avec ces travaux car nous n’apportons pas d’argent sonnant et trébuchant. Je vais quand même garder le contact avec les femmes les plus motivées.
Le groupe de Belinta fonctionne, lui, très bien, les photos en témoignent, ce groupe est très créatif et très solidaire. J’ai été mise en relation avec la Maison des Marins ou plutôt Le Foyer des Gens de la Mer. Nous allons y créer un atelier-vente (ou boutique-école) dès le mois de juin à mon retour à Majunga. En attendant, j’ai déjà avancé l’argent (100 000 Ar.) pour faire de petits travaux incontournables afin d’empêcher les rats de pénétrer par les claustras et sous les seuils de portes. En effet, ce lieu, très bien situé, à Majunga Be, dans le quartier du port, est aussi celui où il y a le plus de rats, d’ailleurs Majunga est la ville où il y a le plus de rats, la peste, malheureusement, y sévit encore.
Rosemarie Martin
A bientôt
Rosemarie Martin
Mercredi, je suis allée chercher, à la campagne, pour le stage qui aura lieu la semaine prochaine, des fibres naturelles appelées "forona", on m'avait annoncé une demi-heure aller-retour mais j'ai quand même marché pendant trois heures..., en tout cas, c’est une très belle région! (Cf. la photo ci-contre).
Sur la vue de Fianaransoa, que j'ai prise ce matin, dimanche (ce qui explique les magasins fermés), vous pouvez voir deux petites constructions, sur le côté gauche de la rue, l'une blanche et l'autre, derrière, verte, au niveau du 4/4, ce sont de "petites maisons", il y en a beaucoup dans la ville si on regarde bien. La pauvreté s'accroît.
Après demain, je pars donc travailler pour une petite semaine à Masoabe, petite commune à une vingtaine de Km de Fianarantsoa, je suis contente de découvrir cette région peu à peu.
La suite au prochain message...
Rosemarie Martin
Chers amis,
Je suis de retour à Fianarantsoa depuis une petite semaine.
C’est une ville, de 160000 habitants, située à 415 Km d'Antananarivo. Capitale royale des Betsileo, Fianarantsoa, est la porte du Sud de Madagascar. Centre commercial et carrefour routier, Fianarantsoa est reliée par le chemin de fer (le seul qui fonctionne encore à Madagascar pour tout le monde) à Manakara sur la côte est. La région, de Haute Matsiatra, située à 1200 mètres d'altitude sur les hauts plateaux de la région du Betsileo, cultive le tabac, le riz, le raisin et le café. Elle possède également des fermes spécialisées dans l'élevage du bétail, des savonneries et des huileries. Les industries locales reposent sur le traitement du riz, le conditionnement de la viande de bœuf, la fabrication de briques et le travail du bois. C'est aussi ici que l'on produit le meilleur vin de l'île. Fianarantsoa est considérée comme le centre intellectuel de Madagascar, son Université est réputée. Malgré cette présentation alléchante, Fiananantsoa souffre énormément de la crise
J’ai consacré cette première semaine à des démarches administratives incontournables et à l’organisation de la session, ici, jusqu’à fin février. Je vais, comme la dernière fois, encadrer des artisanes-relais, chefs de file de diverses associations régionales, dans le cadre de la convention en cours, Région de Haute Matsiatra / RougeBeauté. J’envisage également de partir travailler, vers le 9 février, pour quelques jours, avec l’une de ces associations située dans une commune environnante. Je n’oublie pas, non plus, le petit groupe d’artisans handicapés avec lesquels j’ai déjà entamé une activité en novembre dernier.
À bientôt, pour la suite…
Rosemarie martin
Chers amis,
Comme vous le savez, je suis à Majunga depuis le 21 décembre 2009. En ce moment, c’est la saison des pluies, ce sont des trombes d’eau qui s’abattent pendant des heures. Par moments, j’ai l’impression que le ciel va me tomber sur la tête… et pourtant, il faut que je m’estime heureuse car sur la côte est c’est pire !
Majunga (250 000 habitants) donc est une ville située sur la côte ouest, plutôt au nord. C’est une cité très cosmopolite, aux influences africaines et orientales, 3ème ville de Madagascar. Majunga est aujourd'hui le deuxième port de Madagascar et le premier port de la cote ouest. La ville comporte une usine textile, des pêcheries pour la crevette, le thon et les langoustes (flotte étrangère), une industrie sucrière, une savonnerie et une cimenterie. Majunga c'est aussi un centre administratif et universitaire.
Le principal partenaire, local, de Rouge Beauté est la congrégation catholique Relijiozin'ny Fo Masin'i Jesoa sy Maria (installée à Madagascar depuis 1952). Le premier groupe avec lequel je travaille est constitué d’une dizaine artisanes, il a été décidé avec Bé-Thérèse, notre relais local, de faire démarrer le projet avec un petit effectif. Ce sont des femmes de milieu urbain, leurs spécificités sont très diverses, l’une des femmes s’est jointe au groupe pour ses qualités de vendeuse, une autre est pleine de ressource quant à la recherche de débouchés commerciaux, les techniques artisanales vont de la vannerie à la couture en passant par le crochet. Mais leur production dominante est la vannerie en fibre de raphia et de Satrana.
Cette semaine, un deuxième groupe, d’une quinzaine de femmes, m’a demandé d’intégrer Rouge Beauté, elles sont de Belinta, un petit village de pêcheurs au nord de Majunga, elles travaillent surtout dans le domaine de la vannerie, elles aussi.
Avec ces deux groupes, nous nous lançons dans la production de prototypes de photophores, abat-jour, rideaux de « perles », pochettes pour dames, sacs de voyage, voire malles… Ne nous emballons pas, pour l’instant, rien n’est terminé, mais ça le sera, si tout va bien, pour mon retour ici début mars. Il me reste encore une séance à faire lundi avec le groupe de Majunga-ville avant de repartir vers Fianarantsoa.
À suivre
Rosemarie